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03/11/2012 07:05 EDT | Actualisé 03/01/2013 05:12 EST

Vendée Globe - Des bateaux plus sûrs et plus rapides (architecte)

Les monocoques du Vendée Globe sont de plus en plus rapides et de plus en plus sûrs, estime Guillaume Verdier, l'architecte naval qui a dessiné, avec le cabinet VPLP, les bateaux de quatre des favoris du tour du monde à la voile en solitaire et sans escale.

Les Français Vincent Riou (PRB), Armel Le Cleac'h (Banque Populaire), François Gabart (Macif) et Jean-Pierre Dick (Virbac Paprec 3) seront à la barre de plans VPLP-Verdier et font partie des 20 skippers qui prendront samedi aux Sables-d'Olonne (ouest) le départ de cette course.

Q: Les bateaux d'aujourd'hui sont-ils plus sûrs que ceux des précédentes éditions ?

R: "Les bateaux sont plus sûrs car l'ensemble des corps de métiers, de la conception au constructeur en passant par le préparateur chargé du bateau, ont élargi leurs connaissances. Mais on ne peut pas couvrir tous les événements possibles sans tomber dans le "char d'assaut" trop lourd pour courir et on n'emmènera pas non plus en mer toutes les pièces de rechange. Nous tentons de concevoir des bateaux capables de ramener le skipper à la maison, voire de continuer la course dans des conditions moins performantes mais acceptables".

Q: Les bateaux sont-ils plus rapides ? Quel est le secret pour aller vite: être léger et pas trop toilé ou lourd et puissant ?

R: "Les bateaux sont plus rapides. C'est une évolution darwinienne où chacun progresse grâce à sa faculté d'observation, de comparaison. Pour aller vite, il faut d'abord une bonne adéquation entre l'homme et la machine. Un bateau trop puissant impliquera que le navigateur sera obligé d'aller tout le temps +au charbon+ pour mettre la toile du temps. Un tel bateau fatiguera son skipper qui, en plus de manipuler des voiles très lourdes, devra aussi gérer la tactique, la météo, son sommeil et sa nourriture. En général, un bateau très puissant a aussi plus de surface mouillée, offrant un frein à l'avancement".

Q: Peut-on encore progresser en vitesse sans être dangereux ? Comment et où peut-on faire des progrès ? Avec de nouveaux matériaux ?

R: "Oui, on progressera encore énormément. En minimisant le +frein+ (la trainée) -en diminuant par exemple le fardage-, mais aussi en augmentant la capacité du skipper à exploiter son bateau (confort/protection). Nous aurons également des matériaux plus solides et plus légers tels que des alliages d'aluminium et de titane, des résines à plus fort allongement, des tissus plus fins... Faire un bon bateau, c'est faire un objet homogène tant en solidité qu'en performances. Il ne faut pas travailler que sur le +frein+ mais aussi sur le +moteur+, c'est à dire la forme de voiles, la raideur des mâts. Nos capacités d'analyse augmentent avec les logiciels de prédiction de performance, de calculs de structure, d'écoulement des fluides, etc... Le sujet est infini et c'est passionnant".

Propos recueillis par Hervé GUILBAUD

heg/chc