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03/11/2012 09:57 EDT | Actualisé 03/01/2013 05:12 EST

J-3: Romney joue son va-tout pour conquérir des Etats-clé

Mitt Romney jouait son va-tout samedi dans une série d'Etats-clé, alors que la carte électorale américaine semblait encore ardue à conquérir pour le candidat républicain, trois jours avant l'élection qui l'opposera au président sortant Barack Obama.

Son week-end a commencé dans le New Hampshire, le seul Etat indécis du Nord-Est, région généralement acquise aux démocrates, et où il a renouvelé, comme un refrain, sa promesse oecuménique de collaborer avec l'opposition en cas de victoire.

Son ton conciliant et "au-dessus des partis" tranche avec la campagne très conservatrice qu'il avait menée pendant les primaires républicaines et le début de sa campagne contre le président.

"Je ne représenterai pas un parti, je représenterai la nation", a lancé Mitt Romney sur la piste de l'aéroport de Portsmouth à Newington --l'un des six aéroports où il rassemblera ses partisans d'ici lundi, une méthode qui lui permet de repartir illico pour l'étape suivante.

"Vous savez que si le président était réélu, il ne serait pas capable de travailler avec le Congrès, et vous assisteriez à quatre années supplémentaires d'impasse. Vous savez que le problème du plafond de la dette réapparaîtrait, avec des menaces de fermeture de l'Etat fédéral", a ajouté l'ancien gouverneur du Massachusetts voisin.

Mais la route de la Maison Blanche passe aussi par d'autres Etats, le premier d'entre eux restant l'Ohio où il a mis en scène le lancement de sa dernière offensive vendredi soir.

"L'Ohio est l'épicentre, nous allons nous assurer que nous (le) remportons et nous allons reconquérir la Maison Blanche", a-t-il affirmé à West Chester, reconnaissant l'aspect crucial d'un Etat où, malgré une campagne acharnée, il n'a jusqu'ici pas réussi à dépasser M. Obama dans les sondages.

Dans un système de suffrage universel indirect décompté Etat par Etat, les territoires pouvant basculer d'un côté ou de l'autre sont courtisés par les deux camps. L'Ohio est considéré comme le plus décisif: aucun républicain n'a réussi à s'installer à la Maison Blanche sans le remporter.

Or, deux sondages publiés vendredi accordaient à Barack Obama une avance dans cet Etat du Nord: 51% contre 45% pour Mitt Romney selon l'enquête NBC/WSJ/Marist, et 50% contre 47% selon l'enquête CNN.

Mais le président ne laisse rien au hasard: après avoir passé toute la journée de vendredi dans l'Ohio, il doit y effectuer son premier arrêt samedi. Il y reviendra dimanche et lundi, conscient du fait que s'il barre la route à son adversaire, ce dernier devra remporter quasiment tous les autres Etats-clé.

M. Romney possède un ancrage dans le New Hampshire grâce à sa maison de vacances dans la localité huppée de Wolfeboro, mais là aussi, il accuse un petit retard dans les intentions de vote, tout comme dans l'Iowa (centre) où il s'arrêtera brièvement à Dubuque.

Le Colorado (ouest) où il effectuera deux étapes ensuite paraît sourire davantage au républicain, mais une victoire dans l'Etat des Rocheuses ne servirait à rien s'il ne parvenait pas à prendre l'ascendant sur M. Obama dans d'autres Etats-clé comme le Wisconsin (nord) et le Nevada (ouest) où il est aussi en retrait, et même s'il conquiert la Floride (sud-est) et la Virginie (est) à l'autre bout du pays.

Coïncidence, le président, engagé comme son adversaire dans une course sans aucun temps mort qui limite les repos nocturnes à une poignée d'heures, va lui aussi faire campagne à Dubuque, peu après M. Romney.

Il sera auparavant passé par Milwaukee (Wisconsin) et conclura sa journée par une grande réunion nocturne à Bristow en Virginie, dans un amphithéâtre de 25.000 places, au côté de son prédécesseur démocrate Bill Clinton qui se démène sur le terrain en sa faveur.

Les démocrates ont affiché leur confiance ces derniers jours. Les républicains ont quant à eux mis en avant "l'élan" qui leur permettrait de reconquérir l'exécutif de la première puissance mondiale.

Mais face à la cour appuyée de M. Romney auprès des électeurs indécis et du centre, Barack Obama a salué vendredi le "talent de vendeur du gouverneur Romney". "Au cours de cette campagne, il a essayé autant que possible de présenter ses mauvaises idées comme du changement", a-t-il ironisé.

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