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02/11/2012 11:36 EDT | Actualisé 02/01/2013 05:12 EST

Tunisie: le chef salafiste appelle au calme, met en garde le pouvoir

Le principal chef salafiste tunisien, Abou Iyadh, recherché par la police depuis l'attaque de l'ambassade américaine, a appelé vendredi ses partisans au calme tout en mettant le gouvernement en garde contre "une explosion de colère".

"Peut-être que beaucoup de nos jeunes ne seront pas satisfaits par un appel au calme après les derniers événements de Douar Hicher (...) Je vous invite mes frères à vous référer aux paroles de Dieu et à compter sur la patience et la prière", a déclaré Abou Iyadh dans une vidéo diffusée sur internet.

Le chef de "Ansar al-charia" (Partisans de la loi islamique) fait référence au quartier de Douar Hicher dans la banlieue de Tunis de La Manouba où des affrontements avec les forces de l'ordre ont fait deux morts mardi dans les rangs salafistes.

Son appel au calme intervient alors que le quartier a été bouclé par les forces de l'ordre vendredi après que l'imam de la mosquée locale a appelé à la "guerre" contre le gouvernement dirigé par les islamistes d'Ennahda.

Abou Iyadh a cependant aussi mis en garde les autorités : "Un message adressé aux oppresseurs : nous avons été patients et nous serons encore patients mais attention à l'explosion de colère".

"Nos frères qui sont morts en martyrs ont donné leurs vies pour que la communauté des musulmans jouisse de la loi de Dieu, et ceci est inéluctable", a-t-il encore dit à ses partisans.

"Soyez certains, que le sang de nos frères aura pour résultat tôt ou tard l'instauration de la loi de Dieu", a proclamé Abou Iyadh.

Ce chef salafiste est considéré par le pouvoir comme l'organisateur de l'attaque contre l'ambassade des Etats-Unis le 14 septembre, qui a fait quatre morts parmi les assaillants.

Emprisonné sous le régime déchu du président Ben Ali, Abou Iyadh a été libéré à la faveur de l'amnistie décrétée après la révolution de 2011, et il est devenu la figure de proue de la mouvance jihadiste tunisienne.

Il aurait participé à l'organisation de l'attentat qui a tué le 9 septembre 2001 le chef de la résistance afghane aux talibans, le commandant Massoud.

mh-alf/feb