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02/11/2012 03:29 EDT | Actualisé 02/01/2013 05:12 EST

Sri Lanka: Amnesty accuse le pouvoir de s'en prendre aux juges

L'organisation Amnesty International a accusé vendredi le gouvernement au Sri Lanka de répression à l'égard du système judiciaire, au lendemain d'une procédure "d'empêchement" ("impeachment") visant la magistrate qui préside la Cour suprême de l'île.

Le parti du président Mahinda Rajapakse, l'UPFA (United People's Freedom Alliance), a soumis au parlement une résolution pour renvoyer la juge Shirani Bandaranayake, accusée d'avoir bafoué la constitution.

"La répression de dissidents s'est propagée à des avocats et des membres du système judiciaire qui font entendre leur voix pour dénoncer les abus de pouvoir", a estimé Amnesty dans un communiqué.

Cette motion est le dernier exemple en date des efforts du gouvernement pour renforcer son emprise après la défaite de la rébellion séparatiste des Tigres tamouls en mai 2009.

Selon les analystes, le gouvernement a réagi avec fureur à la décision de la juge de torpiller un projet de loi permettant de donner plus de pouvoir au ministère du Développement économique, dirigé par le frère cadet du président, Basil.

La porte-parole de la diplomatie américaine, Victoria Nuland, a elle aussi fait part vendredi devant la presse de l'inquiétude de Washington concernant "les récentes menaces envers des responsables judiciaires au Sri Lanka, y compris l'agression le mois dernier d'un juge qui avait publiquement dénoncé la pression du gouvernement sur des membres de l'appareil judiciaire".

"Nous pressons le gouvernement du Sri Lanka d'éviter toute action qui entraverait l'efficacité et l'indépendance de la magistrature au Sri Lanka", a-t-elle ajouté.

La représentante américaine devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, Eileen Chamberlain Donahoe, avait déjà demandé jeudi au Sri Lanka de "mettre un terme à l'impunité des violations des droits de l'Homme, de renforcer l'indépendance de la magistrature, et de protéger les membres de l'appareil judiciaire".

Plusieurs pays ont par ailleurs appelé à la fin des attaques contre des journalistes, défenseurs des droits de l'homme ou avocats.

Au terme d'un sanglant conflit de 37 ans, la rébellion séparatiste des Tigres tamouls a été écrasée il y a plus de trois ans par l'armée. Elle réclamait la création d'un Etat indépendant dans le nord (région de Jaffna) et l'est (autour de Trincomalee), soit un tiers de la superficie de l'île.

Le conflit a fait, selon des estimations de l'ONU, quelque 100.000 morts. L'armée et les membres du LTTE ont été accusés d'avoir commis des violations des droits de l'Homme, ce que dément vigoureusement le gouvernement.

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