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02/11/2012 07:56 EDT | Actualisé 02/01/2013 05:12 EST

L'opposition syrienne en exil accuse Washington de vouloir la remodeler

Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, s'en est violemment pris vendredi aux Etats-Unis accusés de vouloir le remodeler pour l'amener à négocier avec le régime, à deux jours d'une réunion cruciale à Doha.

"Toute discussion visant à passer au-dessus du Conseil national ou à créer des instances le remplaçant est une tentative de nuire à la révolution syrienne en semant les germes de la division", affirme le CNS dans un communiqué.

Discuter d'une refonte de l'opposition est également "le signe du manque de sérieux des forces censées soutenir le peuple syrien qui fait face au régime meurtrier", ajoute le CNS, en réponse aux critiques de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton.

Considérant que le CNS ne pouvait "plus être considéré comme le dirigeant visible de l'opposition", Mme Clinton a plaidé mercredi pour qu'il devienne "une partie d'une opposition élargie", en incluant "des gens à l'intérieur de la Syrie et d'autres".

Elle a estimé qu'une ample coalition de l'opposition avait "besoin d'une structure dirigeante vouée à représenter et à protéger tous les Syriens", une opposition "capable de parler à chaque composante géographique de Syrie".

Georges Sabra, membre du CNS, a rétorqué que "si l'union de l'opposition a pour objectif de négocier avec Bachar al-Assad, cela ne se fera pas et le peuple ne l'acceptera pas".

"A quoi servira un gouvernement (de transition)? Si c'est pour négocier avec le régime, nous n'en voulons pas. Ce gouvernement peut-il ouvrir des ambassades dans les pays occidentaux? Le peuple syrien mérite plus qu'un nouveau groupe d'opposition ou une nouvelle adresse pour la correspondance de l'opposition", a-t-il ajouté.

Mohammed Sermini, du bureau de presse du CNS, a aussi rejeté les ingérences de Washington, les qualifiant d'"impérialistes". "Tout amicale et solidaire que soit la partie extérieure, elle n'a pas le droit d'intervenir dans nos affaires intérieures. La Syrie doit prendre ses propres décisions".

Répondant aux accusations américaines, il souligne être passé "de 280 à 420 membres, dont 33% issus du mouvement (qui anime sur le terrain) la révolution et 15% de femmes", et évoque aussi une "hausse de la représentation des membres de l'intérieur de la Syrie".

Jeudi, la coalition d'opposition a également annoncé pour la première fois avoir reçu des aides internationales d'un montant de 31 millions d'euros, détaillant leur provenance et leur utilisation.

Le régime, déterminé à écraser la rébellion, affirme que seul un dialogue peut régler le conflit, mais l'opposition, et surtout les rebelles sur le terrain, posent comme condition sine qua non à tout dialogue un départ de M. Assad.

Les Etats-Unis, qui réclament eux aussi un départ de M. Assad, sont restés jusque-là impuissants à trouver une issue à la guerre en raison des profondes divergences entre Occidentaux d'un côté et Russes et Chinois de l'autre.

Ils ont appelé à plusieurs reprises l'opposition à s'élargir et à former un gouvernement en exil représentatif de toutes les communautés et sensibilités syriennes et dont le chef pourrait être Riad Seif, un opposant exilé, selon des informations non confirmées.

Les Etats-Unis comptent beaucoup sur la réunion de dimanche à Doha élargie à des centaines d'opposants, sous l'égide de la Ligue arabe.

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