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02/11/2012 04:56 EDT | Actualisé 01/01/2013 05:12 EST

Les rebelles coupent quasiment l'approvisionnement militaire du nord syrien (ONG)

Les rebelles ont quasiment coupé l'approvisionnement de l'armée syrienne dans le nord en prenant vendredi le contrôle de la région de Saraqeb, un carrefour reliant Damas et Alep à la ville côtière de Lattaquié, selon l'Obervatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Dans le même temps, l'armée menait des raids à travers le pays, bombardant des localités de la banlieue nord-est de Damas, Deir Ezzor (est) et Idleb (nord-ouest), selon l'OSDH, qui fait état d'un bilan provisoire de 67 morts vendredi à travers le pays: 30 soldats, 20 civils et 17 combattants rebelles.

"L'armée s'est retirée de son dernier barrage dans la région de Saraqeb", a déclaré à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH, une organisation basée au Royaume-Uni qui s'appuie sur un réseau de militants et de médecins dans les hôpitaux civils et militaires du pays.

Les troupes régulières ne tenaient plus que ce barrage depuis la prise jeudi de trois positions militaires lors d'attaques rebelles durant lesquelles au moins 28 soldats avaient été tués au combat ou froidement exécutés, selon l'OSDH.

"En s'emparant de cette région, les rebelles ont quasiment coupé la ligne d'approvisionnnement de l'armée vers le nord. Le régime contrôle toujours une partie des provinces de Raqa (nord-est) et de Deir Ezzor (est) et peut faire passer son ravitaillement par ces villes ou par les routes du désert. Mais c'est bien plus long et compliqué", a précisé M. Abdel Rahmane.

Un périmètre de 25 kilomètres autour de Saraqeb, située dans la province d'Idleb, échappait désormais totalement au régime. Cependant, l'aviation bombardait Maaret al-Noomane, Harem et des villages de Jisr al-Choughour, et des combats violents se poursuivaient aux abords de la base militaire Wadi Deif, près de Maaret al-Noomane, selon l'OSDH.

Saraqeb, à 50 kilomètres au sud d'Alep (nord), est située sur la route internationale reliant Damas à Alep, en proie depuis trois mois à des combats, ainsi que sur la route reliant Alep à Lattaquié, sur la côte méditerranéenne plus au sud-ouest.

Les insurgés ont détruit ces dernières semaines plusieurs positions militaires dans la province d'Idleb et cherchent à prendre le contrôle de l'ensemble de l'autoroute reliant la capitale à Alep.

Depuis qu'ils se sont emparés le 9 octobre de Maaret al-Noomane, sur la même route internationale au sud de Saraqeb, ils empêchent déjà le passage des renforts de l'armée vers Alep.

Ailleurs dans le pays, quatre civils ont péri dans la région de Deraa (sud), où l'armée bombardait plusieurs localités. Dans la province de Deir Ezzor (est), quatre rebelles ont été tués dans des combats et huit civils, dont trois femmes, ont péri dans un raid aérien sur le village de Ghranije, selon l'OSDH.

Près de Damas, de violents combats se déroulaient aux abords des villes rebelles de Harasta, Douma, Irbine et Zamalka, selon la même source, faisant état de plusieurs raids aériens meurtriers et de la mort d'au moins 15 personnes dans cette région.

Une explosion suivie de tirs a secoué Al-Zahira, un quartier du sud de Damas, selon l'OSDH. La télévision syrienne a pour sa part fait état de l'explosion de deux engins ayant fait 16 blessés civils dans ce quartier.

A Alep, une fillette a été tuée par des obus de l'armée tandis que des combats opposaient rebelles et soldats dans la région de Homs (centre).

Jeudi, a été une journée particulièrement sanglante pour les troupes du régime avec la mort de 83 soldats sur un bilan total d'au moins 203 victimes des violences jeudi, selon l'OSDH.

Depuis le début de la crise en mars 2011, la répression et les combats ont fait plus de 36.000 morts à travers la Syrie, selon l'OSDH.

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