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02/11/2012 08:43 EDT | Actualisé 02/01/2013 05:12 EST

Des intempéries au Maroc ravivent la question des logements insalubres

Le décès de deux personnes dans l'effondrement d'une maison à Casablanca lors d'intempéries qui ont frappé le Maroc cette semaine a ravivé la question des milliers de logements insalubres et menacés d'écroulement dans la capitale économique du royaume.

Un jeune homme et son grand-père ont été tués durant leur sommeil, dans la nuit de lundi et mardi, dans un quartier proche de la médina (vieille ville) de Casablanca. Selon un proche des victimes, le toit d'un logement construit sur la terrasse de la maison s'est affaissé.

Alors que Casablanca, mégalopole de près de cinq millions d'habitants, a été frappée par plusieurs jours de fortes pluies, une autre maison de trois étages s'est effondrée, ainsi que le toit d'un troisième logement, dans l'ancienne médina.

Au total, plus de 70.000 ménages vivent aujourd'hui dans des logements menacés d'effondrement à Casablanca, selon Kamal Dissaoui, membre du Conseil de la ville.

"Il faut en conséquence créer un stock nécessaire de 70.000 logements pour faire face au problème. C'est énorme et c'est l'affaire de l'Etat car les élus comme nous n'ont pas les moyens", ajoute M. Dissaoui auprès de l'AFP.

Selon un récent rapport du ministère marocain de l'Habitat, 4.000 à 7.000 maisons sont susceptibles de s'effondrer à tout moment à Casablanca, en particulier à l'occasion de fortes précipitations.

"La plupart des constructions de la médina de Casablanca datent du XIXe siècle. Ce sont plus de 15 quartiers qui risquent aujourd'hui de tomber sur leurs habitants", souligne un journaliste résidant à Casablanca.

La presse marocaine s'était déjà alarmée en mai, après la mort de cinq membres d'une même famille: "Médina de Casablanca: les logements tombent comme des châteaux de cartes", titrait un de ces médias. Trois semaines plus tôt, une autre maison avait subi le même sort, tuant là aussi cinq personnes.

Une commission pour "réhabiliter" la vieille ville de "Casa", mise en place en 2010 par le roi Mohammed VI, a consacré près de 30 millions d'euros à cette fin. Mais "les problèmes sont énormes", a confié à l'AFP un membre de cette commission sous le couvert de l'anonymat.

"Avant de +réhabiliter+, il faut +recenser+ les familles qui doivent être relogées d'urgence. Cela prend beaucoup de temps", a-t-il expliqué.

D'après lui, "on se retrouve parfois avec dix familles qui prétendent habiter une seule maison". "Il faut un travail d'enquête et de prospection pour savoir qui habite vraiment dans les quartiers menacés", insiste-t-il.

Plus de 500 familles ont d'ores et déjà été relogées dans des résidences neuves, ou dans des écoles proches de la médina. "Mais on est encore loin des objectifs", selon Kamal Dissaoui.

En fin de semaine, une ambiance tendue régnait dans le quartier Loubila, non loin de la médina, où le drame de mardi était encore présent dans les esprits.

"Avec les précipitations de cette semaine, on a du mal à dormir la nuit. Nos maisons peuvent s'écrouler à tout moment", expliquait à l'AFP une résidente.

Au-delà du seul cas de Casablanca, plus de 114.000 habitations au total sont menacées de ruine au Maroc, en particulier à Fès, dont la médina est la plus ancienne et la plus grande du monde arabe après celle d'Alep (Syrie), selon le ministre de l'Habitat, Nabil Benabdellah.

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