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02/11/2012 06:00 EDT | Actualisé 02/01/2013 05:12 EST

Atlantic City, le "Las Vegas de la côte Est", a la gueule de bois

Le long de la promenade en bord de mer à Atlantic City, synonyme depuis un siècle de fête et de divertissement, les seuls visiteurs vendredi étaient deux bulldozers échoués sur le sable, symbole du lourd tribut payé par la ville au passage de Sandy.

A côté d'une baraque fermée où l'on vend habituellement du pop-corn, la façade d'une salle de jeux vidéos où l'on peut lire "Ouvert 365 jours par an", est barrée par un rideau de fer.

Un peu plus loin, la vitrine d'une bijouterie a été calfeutrée par une planche sur laquelle quelqu'un a écrit avec un bombe de peinture: "Va te faire foutre, Sandy!".

C'est dans cette ville du New Jersey que la méga-tempête a touché terre lundi soir et déchiqueté une partie du littoral du nord-est américain.

Grâce à l'ordre d'évacuation, l'ouragan a fait peu de victimes ici mais le coût matériel et le manque à gagner sont abyssaux pour ce repère du jeu de la côte est.

"Pour ce week-end, c'est mort et c'était déjà pareil le week-end dernier. Quand les casinos sont fermés, plus personne ne descend ici", explique Dino Dounoulis, depuis la cave inondée de son restaurant méditerranéen.

Pourtant, les premiers casinos ont rouvert leurs portes vendredi après le feu vert du gouverneur de l'Etat, Chris Christie. Mais attirer à nouveau les touristes va prendre plus de temps. Dino Dounoulis pense que cela va lui coûter 10% de ses revenus annuels.

Atlantic City située à deux heures de New York et de Philadelphie a connu son âge d'or durant la Prohibition. La tolérance des autorités sur la consommation d'alcool permettait d'accueillir de nombreux touristes.

Depuis, la ville, dont les noms des rues sont tirés du Monopoly, est parvenue à s'en sortir en devenant une destination pour les amateurs de machines à sous, de concerts et de boxe.

Mais vendredi, les casinos dont les façades en carton pâte à l'effigie du Taj Mahal ou du carnaval de la Nouvelle-Orléans, étaient étrangement silencieux.

Le président de l'association des casinos dans le New Jersey interrogé dans un journal local a estimé que le secteur perdait environ 5 millions de dollars chaque jour de fermeture.

Cette perspective inquiète également les étrangers venus s'installer dans cette ville pour y travailler. Beaucoup d'entre eux ne sachant pas où aller, sont même restés lundi malgré l'ordre d'évacuation obligatoire.

Le maire de la ville, contre l'avis du gouverneur, avait fait ouvrir des abris pour les accueillir.

Deux jeunes Russes au chômage technique traînent ainsi sur la plage en prenant des photos. Des chauffeurs de taxis du Bangladesh désoeuvrés vont faire un tour à la mosquée du coin tandis que d'autres se pressent dans les bars qui ont de l'électricité.

Israel Murillo, un coiffeur du Honduras, boit des bières avec des amis dans sa boutique tout en se racontant leur frayeur quand leur maison a tremblé sous les bourrasques.

"C'est une ville de casinos. Donc tous nos revenus proviennent de gens venus d'autres villes. Cela fait 5 jours que nous sommes sans travail, mais on a toujours un loyer, de la nourriture et plein d'autres choses à acheter", explique-t-il.

"Notre futur est entre les mains des New-Yorkais", résume Gamage Gunadasa, un Srilankais qui vend des déguisements.

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