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01/11/2012 12:05 EDT | Actualisé 01/01/2013 05:12 EST

L'UCI doit financer une enquête indépendante selon une experte anticorruption

GENÈVE - L'Union cycliste internationale doit offrir suffisamment de ressources afin qu'une commission indépendante puisse véritablement enquêter sur les accusations liant l'UCI à l'affaire de dopage impliquant Lance Armstrong, selon une ancienne membre du conseil d'administration Sylvia Schenk.

La commission devra obtenir l'aide de l'UCI pour remplir ses tâches, a estimé Schenk, une conseillère pour l'organisation spécialisée en mesures anticorruption Transparency International.

«La commission ne sera pas en mesure de tout faire elle-même, a noté Schenk en entrevue avec l'Associated Press. Elle devra confier en sous-traitance certaines des choses qui auront besoin d'être faites.»

Le président de l'UCI Pat McQuaid a reconnu le mois dernier que le cyclisme professionnel était aux prises avec sa crise la plus importante à la suite du rapport de l'Agence antidopage des États-Unis. Celui-ci a mis en relief de quelle façon les équipes d'Armstrong ont mis en application un vaste programme de dopage quand le coureur américain a remporté le Tour de France de 1999 à 2005.

Après avoir reconnu la semaine dernière qu'Armstrong devait être suspendu à vie et être privé de ses titres, l'UCI a cherché à redorer son propre blason.

McQuaid a déclaré qu'une commission serait créée afin d'étudier ce qu'avance la USADA dans son rapport, à l'effet qu'Armstrong aurait fait un don de 125 000 $ à l'UCI afin que celle-ci cache les résultats de certains de ses tests antidopage. L'UCI veut qu'un rapport et ses recommandations soient livrés d'ici le 1er juin.

Les explications concernant les dons — y compris les montants exacts et à quels moments ils ont été remis — se sont avérées «contradictoires», selon Schenk.

«Si l'UCI révèle tout, elle a vraiment une occasion d'examiner les détails concernant les gens qui étaient impliqués, et de poser les gestes nécessaires pour chasser ceux qui ont été impliqués», a affirmé Schenk, qui a été une membre élue du conseil d'administration de l'UCI pendant cinq ans jusqu'en 2005 sous l'égide du président à l'époque, Hein Verbruggen.

Selon Schenk, le monde du cyclisme a présentement le goût de changer les choses et de mettre fin à la culture du dopage.

«À savoir si cela arrivera vraiment, on le verra dans les quatre, cinq ou six prochaines semaines — si une telle commission est vraiment indépendante et a les ressources qu'il faut», a noté l'ancienne présidente de la Fédération allemande de cyclisme.

L'UCI a déjà fait savoir qu'elle annoncera la semaine prochaine quel «organisme sportif indépendant» sera responsable du choix des membres de la commission d'enquête.

Le Tribunal arbitral du sport est le mieux placé pour ce travail, a estimé Schenk.

«L'AMA (l'Agence mondiale antidopage) n'est pas vraiment indépendante, a-t-elle affirmé. Elle fait partie du système dans son ensemble. Ce serait mieux d'avoir une institution comme le TAS.»