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01/11/2012 04:17 EDT | Actualisé 01/01/2013 05:12 EST

Libération d'un chef de l'opposition au Koweït après de violents heurts

Une figure de l'opposition koweïtienne, Mussallam al-Barrak, a été libéré jeudi sur décision de la justice au lendemain de violents heurts entre manifestants et policiers au Koweït.

Après ces violences provoquées par la détention de M. Barrak, les groupes de l'opposition réunis en urgence ont condamné "la répression barbare" des manifestations pacifiques, affirmant que le pays devenait un Etat policier.

"Un juge a ordonné la libération de Barrak contre une caution de 10.000 dinars (35.600 USD), dans l'attente de son procès", a déclaré à l'AFP son avocat, Abdelrahman al-Barrak.

Quelque 200 partisans de l'opposant l'ont accueilli à sa sortie de la prison centrale, à 25 km au sud-ouest de la capitale, selon un photographe de l'AFP.

Mussallam al-Barrak est accusé d'avoir nui au statut de l'émir Sabah al-Ahmad Al-Sabah lors d'un rassemblement public le 15 octobre, ce qui le rend passible d'une peine pouvant aller jusqu'à 5 ans de prison.

Mercredi soir, des dizaines de milliers de personnes en colère avaient marché en direction de la prison centrale pour exiger la libération de l'opposant, arrêté lundi et dont la détention venait d'être prolongée de dix jours.

La police anti-émeute a fait usage de grenades assourdissantes et de gaz lacrymogène pour disperser la foule, donnant lieu à des heurts de plusieurs heures.

Le ministère de l'Intérieur a fait état d'arrestations parmi les manifestants. Selon des témoins au moins 23 personnes ont été interpellées.

L'opposition, dans un communiqué, a souligné qu'elle poursuivrait ses manifestations pacifiques et appelé le gouvernement à "mettre un terme à ses pratiques oppressives et policières sans précédent".

Le texte, signé par 11 organisations politiques et de jeunesse, a appelé le gouvernement à supprimer l'amendement contesté à la loi électorale à l'origine de la crise politique actuelle.

Selon l'opposition, cet amendement, autorisé le 19 octobre par l'émir pourrait favoriser une manipulation des résultats des élections anticipées, convoquées le 1er décembre.

Le ministère de l'Intérieur a réaffirmé qu'il ne tolèrerait aucune nouvelle manifestation non autorisée, y compris une marche de l'opposition prévue dimanche.

Selon des militants, des dizaines de personnes, notamment des enfants, ont été admis dans des hôpitaux en raison de l'inhalation de gaz, après le tir de grenades assourdissantes et de gaz lacrymogène par les forces anti-émeutes.

La Bourse de Koweït a clôturé jeudi en baisse de 2% à 5.645,31 points.

Amnesty International a dans un communiqué jugé "scandaleux la (brève) détention et la poursuite en justice de M. Barrak, pour avoir critiqué de manière pacifique l'émir. C'est une nouvelle démonstration des restrictions accrues à la liberté d'expression et de rassemblement au Koweït".

"Barrak n'a ni incité à la violence ni à la haine (...) Les autorités doivent abandonner les charges à son encontre" et permettre "au peuple d'exprimer pacifiquement son opinion (...) Les forces de sécurité doivent s'abstenir de faire usage de force indiscriminée contre des manifestations pacifiques", selon l'ONG.

Le 21 octobre, une centaine de protestataires et 11 policiers avaient été blessés dans des heurts à l'occasion de la plus importante manifestation de l'histoire du pays.

Un dignitaire religieux koweïtien, Nabil al-Awadhi, a révélé jeudi avoir engagé avec d'autres religieux une médiation pour tenter de sortir le pays de la crise.

Membre de l'Opep (Organisation des pays producteurs de pétrole), le Koweït, première monarchie du Golfe à s'être dotée d'un Parlement élu en 1962, connaît des crises politiques à répétition depuis 2006.

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