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01/11/2012 06:03 EDT | Actualisé 01/01/2013 05:12 EST

Les pauvres et les personnes âgées luttent dans le sud de Manhattan inondé

A Alphabet district, quartier populaire du sud-est de Manhattan privé d'électricité, personnes âgées et évacués ont bien du mal à survivre au quotidien, depuis le passage de l'ouragan Sandy.

La situation est si difficile qu'associations et églises ont commencé à y distribuer de la nourriture et des vêtements.

Le maire de New York Michael Bloomberg a également annoncé jeudi que la ville allait commencer à distribuer un million de repas et de bouteilles d'eau dans les quartiers les plus affectés.

Judith Vorreuter, 74 ans, vit seule avec deux chiens dans la 10e rue d'Alphabet district, dans l'East village, où les HLM, gratte-ciels de briques déprimants, sont nombreux.

Son appartement au rez-de chaussée a été inondé lundi, lorsque l'East river s'est répandue dans les rues. Elle a été secourue par des voisins des étages supérieurs.

"La rivière est devenue un torrent dans la 10e rue. Elle est montée jusqu'aux fenêtres des voitures. Mon appartement est inondé. Heureusement les voisins m'ont aidée", confie-t-elle reconnaissante.

Elle est hébergée par une amie du même immeuble, car même si elle a commencé à nettoyer, son appartement est inhabitable. Elle a perdu ses vêtements d'hiver, ses livres et ses disques.

Les deux femmes ont de l'eau, mais ni gaz ni électricité, et dans ces conditions manger chaud est une gageure.

Heureusement, elles ont trouvé un petit magasin ouvert qui vend des frites, et elles y ont aussi acheté du chocolat, des pommes et des bananes.

"Ce magasin est notre salut", dit Judith. "Car autrement tout est fermé".

Certains n'ont même pas l'argent nécessaire pour y faire leurs courses, et vont profiter des distributions gratuites du quartier.

A l'angle de Tompkins square, dans le coeur de l'East village, une organisation évangélique a installé un stand alimentaire.

"D'habitude nous ne venons que le mardi. Mais là, personne n'a d'électricité, personne ne peut cuisiner. Nous sommes donc venus hier et aujourd'hui", dit Glenn Ferro, 62 ans, un volontaire de l'organisation Street Life Ministries.

"Nous avons 35 litres de soupe, des jus de fruit, du chocolat. Nous avons aussi des vêtements, par exemple des chaussettes neuves. Et nous resterons jusqu'à ce que tout soit distribué", ajoute-t-il.

"Il y a beaucoup de gens. Certains viennent régulièrement, parce qu'ils n'ont pas assez d'argent. Mais d'autres sont venus à cause de l'ouragan", dit-il.

Dans la file d'attente, Ramiro Riera, un Equatorien de 43 ans, chômeur évacué des zones inondables, vit depuis dimanche soir dans un des centres d'accueil ouverts par la mairie.

"C'est la première fois que je viens", dit-il. "Je vis dans une école transformée en refuge. Le premier jour, ils nous ont donné à manger, mais ensuite plus rien. J'ai marché, et heureusement j'ai découvert cette distribution".

Il ne sait pas quand il pourra rentrer chez lui. Jeudi, l'ordre d'évacuation n'avait toujours pas été levé.

La solidarité, comme dans d'autres quartiers, adoucit la difficulté du quotidien. L'esprit de résistance fait le reste.

Sur la 10e rue, près de la 1e avenue, un particulier a installé un générateur à la porte de chez lui, pour permettre aux autres de recharger leur téléphone portable, même s'il y a très peu de signal dans le quartier. "Pas plus de 30 minutes", précise une petite affichette.

Sur le trottoir, Anatasia Lacdo, une Ukrainienne de 86 ans, avance lentement avec sa canne et son sac à provisions.

"Je vis au 5e étage sur la 8e rue. Je n'ai pas de lumière et pas d'eau chaude. Mais je n'ai besoin de rien. Je prends les escaliers et je fais mes courses", affirme-t-elle fièrement.

mar/bd/rap