NOUVELLES
01/11/2012 06:27 EDT | Actualisé 01/01/2013 05:12 EST

La communauté internationale responsable de l'extrémisme en Syrie (chef CNS)

Le chef du Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition syrienne, a imputé jeudi la montée des islamistes radicaux en Syrie au manque d'appui de la communauté internationale à la rébellion contre le régime du président Bachar al-Assad.

"La communauté internationale est responsable, en raison de son manque de soutien au peuple syrien, de la croissance de l'extrémisme en Syrie", a affirmé à l'AFP Abdel Basset Saida, en réponse aux propos de la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, qui a réclamé une opposition élargie capable de "résister aux extrémistes" islamistes.

"Dans les zones qui ont échappé au contrôle du régime, c'est le chaos et le désespoir, car le régime poursuit ses attaques. Dans une telle atmosphère, il est naturel que se développe l'extrémisme, qui est la conséquence de l'inaction de la communauté internationale et non la cause", a-t-il ajouté.

Critiquant la déclaration américaine, M. Saida a lancé: "la communauté internationale devrait s'en prendre à elle-même: Qu'a-t-elle donné au peuple syrien? Comment a-t-elle aidé les Syriens à stopper la folie meurtrière du régime?".

Mme Clinton avait indiqué mercredi à Zagreb être en possession "d'informations inquiétantes sur des extrémistes qui se rendent en Syrie et tentent de détourner à leurs fins ce qui était jusqu'ici une révolution légitime contre un régime oppressif".

Cependant, M. Saida a estimé que "la révolution restait sur ses rails. Elle a pour objectif d'instaurer la liberté, la dignité, la justice sociale pour le peuple syrien". "La Syrie est une société multiple (au niveau ethnique et religieux), donc à terme le projet de l'islam radical ne pourra pas s'implanter dans le pays", a-t-il insisté.

Les Arabes représentent 90% de la population alors que le reste sont des kurdes, turcomans et tcherkesses. En matière communautaire, les sunnites sont largement majoritaires avec 80% de la population, contre 10% d'alaouites, 5% de chrétiens 5% et 2% de druzes.

Répondant à la responsable américaine pour qui "le CNS ne peut plus être considéré comme le dirigeant visible de l'opposition", son chef a expliqué que son organisation était prête à agir avec des groupes se trouvant hors du Conseil.

"Nous sommes prêts à travailler avec tous les groupes patriotiques ayant les mêmes objectifs que les nôtres: la chute de ce régime criminel", a-t-il dit.

Mais pour lui, si le CNS est faible, c'est parce qu'il n'a pas le soutien nécessaire de la communauté internationale.

"Bien que nous essayions de nous assurer que l'islamisme radical n'aura pas d'impact, le manque de soutien matériel au CNS fait que notre marge d'action est plus limitée que nous le voudrions", s'est-il plaint.

A ce propos, il a indiqué que son organisation tiendrait une réunion élargie le 4 novembre à Doha. "Le CNS représente tous les courants de la société syrienne, dont les islamistes, les libéraux et les laïques. Seront aussi présents à Doha des groupes kurdes ainsi que de nouveaux groupes militaires et civils", a-t-il souligné.

Concernant les rumeurs sur la nomination de l'opposant de longue date Riad Seif comme chef du gouvernement en exil, M. Saida a répondu: "Je crois que nous devons attendre la tenue de notre réunion afin de décider quel est le meilleur candidat pour la phase transitoire. Nous allons sauter les étapes si nous proposons des noms sans consultation des acteurs" sur le terrain.

"Toutes les questions prioritaires seront discutées, y compris la phase transitoire et la personne qui doit la diriger. En tout état de cause, c'est une décision qui revient au peuple syrien".

ser/sk/sbh/vl