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01/11/2012 02:45 EDT | Actualisé 01/01/2013 05:12 EST

Israël reconnaît avoir tué l'ex-bras droit de Yasser Arafat en Tunisie

JÉRUSALEM - Le gouvernement israélien a reconnu pour la première fois être à l'origine de l'assassinat d'Abou Jihad, le bras droit du dirigeant palestinien Yasser Arafat, lors d'une attaque menée en Tunisie en 1988, selon des extraits d'un article publié jeudi par le quotidien israélien «Yediot Aharonot».

Israël a longtemps été suspecté de l'assassinat de Khalil al-Wazir, connu sous son nom de guerre d'Abou Jihad. Mais c'est seulement maintenant que la censure militaire a donné l'autorisation au quotidien «Yediot Aharonot» de publier cette information, dont une entrevue avec le commandant qui l'a tué, alors que le journal détenait cette information depuis 12 ans.

Deux personnes impliquées dans cette opération occupent aujourd'hui des fonctions politiques, le ministre de la Défense Ehoud Barak et le vice-premier ministre Moshé Yaalon. À l'époque de l'attaque, Ehoud Barak était sous-chef d'état major et Moshé Yaalon était à la tête de la Sayeret Matkal, une unité d'élite de l'armée. Leur rôle précis dans l'opération n'a pas été divulgué et les bureaux des deux hommes ont refusé de commenter cette information.

«Je lui ai tiré dessus pendant un long moment», avait confié le commandant Nahoum Lev, aujourd'hui décédé, au journal «Yediot Aharonot». «J'ai fait attention de ne pas tuer sa femme, qui est apparue à ce moment-là. Il est mort», a-t-il confié, livrant son témoignage peu avant son décès dans un accident de moto en 2000. «Abou Jihad était impliqué dans d'atroces crimes contre les civils. Il était voué à mourir. Je lui ai tiré dessus sans aucune hésitation», avait-t-il dit.

Abou Jihad avait fondé l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) avec Yasser Arafat et était accusé d'avoir mené une série d'attaques meurtrières contre des civils israéliens. Il avait notamment préparé une attaque contre un autobus israélien qui avait fait 38 morts en 1978. Plus tard, il avait organisé la première révolte palestinienne contre Israël, qui avait commencé en décembre 1987.

Selon les informations du journal, l'opération a été menée par le Mossad et le commando d'élite Sayeret Matkal. À partir d'un poste de commande situé sur un bateau en Méditerrannée, 26 commandos israéliens ont débarqué sur les rives de la Tunisie en bateaux gonflables.

Le commandant Lev a ensuite approché la demeure d'Abou Jihad à Tunis avec un autre soldat, qui était habillé en femme. Ils ont prétendu être un couple en vacances, alors que le commandant Lev transportait ce qui semblait être une grande boîte de chocolats. Dans la boîte se trouvait un pistolet muni d'un silencieux.

Après avoir croisé le premier garde du corps d'Abou Jihad, Lev a saisi l'arme et lui a tiré dans la tête. Une autre équipe a tué un autre garde du corps et un jardinier avant de pénétrer dans la villa. Le partenaire de Nahoum Lev a été le premier à tirer. Lorsqu'il a vu Abou Jihad tentant de prendre son arme, il lui a tiré dessus.

On ne sait pas pourquoi les censeurs militaires ont décidé d'autoriser la publication de ces informations aujourd'hui, au moins douze ans après que le journal eut mené l'entrevue avec le commandant. Les censeurs ont le pouvoir d'empêcher la publication d'informations considérées comme une menace pour la sécurité nationale.

Les Palestiniens ont longtemps accusé Israël d'être derrière l'assassinat d'Abou Jihad. Abbas Zaki, l'un des hauts responsables du Fatah, a estimé que les Palestiniens et la Tunisie devaient «travailler ensemble pour faire traduire Israël devant la justice».