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01/11/2012 09:30 EDT | Actualisé 01/01/2013 05:12 EST

Election en vue, le camp Obama crie victoire, les républicains parlent élan

A cinq jours de la présidentielle américaine, l'équipe de campagne de Barack Obama crie quasiment victoire et assure que Mitt Romney ne peut plus gagner vu l'arithmétique électorale, tandis que les républicains persistent à évoquer un "élan" qui leur sera favorable.

Intimidation de l'adversaire? Tentatives d'influer sur la couverture médiatique? Ou même méthode Coué? La guerre psychologique fait rage dans la dernière ligne droite d'une élection sur laquelle chaque camp a misé ambitions, carrières et des centaines de millions de dollars.

D'ici au jour du scrutin, MM. Obama et Romney vont parcourir les neuf Etats qui devraient en déterminer le résultat, conséquence d'un système de suffrage universel indirect qui donne un poids disproportionné aux territoires pouvant basculer côté démocrate ou républicain.

L'Ohio (nord) constitue le morceau de choix: aucun républicain n'a réussi à s'installer à la Maison Blanche sans y avoir obtenu la majorité. Pour M. Romney, qui y fait campagne depuis des semaines, gagner cet Etat faciliterait son objectif de remporter les 270 "grands électeurs" nécessaires sur 538.

Mais les sondages ne semblent toujours pas sourire au républicain. Les enquêtes récentes de CNN, Time et du New York Times lui donnent un retard de cinq points dans l'Ohio et la moyenne du site RealClearPolitics (RCP) le place 2,3 points derrière M. Obama.

L'ancien gouverneur du Massachusetts paraît mieux placé en Floride et en Virginie, sans toutefois se détacher. Sans l'Ohio, il lui faudrait remporter presque tous les autres Etats-clé, dont le Wisconsin, le Nevada et l'Iowa où M. Obama semble dominer.

Le spécialiste ès statistiques du New York Times, Nate Silver, accorde 79% de chances à M. Obama de décrocher un second mandat. "Les sondages au niveau des Etats continuent à suggérer que M. Obama reste le favori pour remporter la majorité des grands électeurs", selon lui.

Alors qu'elle mettait en garde depuis des mois contre une élection "serrée", l'équipe de M. Obama s'est laissée aller à un certain triomphalisme. "Nous sommes en position de force (...) et nous allons gagner cette élection mardi", a assuré mercredi le stratège David Axelrod.

Les républicains ne partagent pas cette évaluation. "La course se trouve exactement là où nous espérions qu'elle serait" à l'approche de l'élection, a déclaré un proche conseiller de M. Romney, Russ Schriefer.

"Nos électeurs sont incroyablement motivés. Le facteur de l'intensité a tendance à faire pencher les choses de notre côté", a indiqué le directeur politique de la campagne républicaine, Rich Beeson, en saluant "l'énergie et l'élan que nous voyons sur le terrain".

M. Romney a rattrapé une partie de son retard dans l'opinion grâce à sa prestation enlevée au premier débat télévisé le 3 octobre, face à un candidat sortant atone. Les républicains évoquent un "élargissement" de la carte électorale, avec des investissements publicitaires dans des Etats comme le Michigan (nord), jugés acquis à M. Obama.

Mais la moyenne des sondages RCP semble montrer qu'une légère décrue s'est engagée aux dépens de M. Romney. Et les analystes indépendants ne le jugent pas favori, même s'il mène de très peu dans les sondages nationaux grâce aux Etats républicains.

"Obama a plus de façons d'atteindre 270 voix, on ne peut pas le dire autrement", affirme Bruce Buchanan, de l'université du Texas.

"Obama possède un avantage, même s'il est étroit, dans les Etats-clé. Il était et reste le favori", estime Thomas Mann, de l'institut Brookings, pour qui les tentatives de M. Romney de porter le combat en dehors des Etats-clé actuels sont trop optimistes.

Cet expert en sciences politiques pense aussi que l'ouragan Sandy qui a dévasté le nord-est des Etats-Unis pourrait avoir donné un coup de pouce au président, monté en première ligne. "Cela a renforcé son avance et rendu une victoire de Romney plus improbable", assure-t-il.

Reste l'inconnue des chiffres mensuels de l'emploi, divulgués vendredi matin. Mais même s'ils sont mauvais, ils "seront trop tardifs pour faire une différence" dans l'élection, estime M. Mann, alors que des millions d'Américains ont déjà profité du vote anticipé.

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