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31/10/2012 07:55 EDT | Actualisé 31/12/2012 05:12 EST

Un dirigeant de l'opposition maintenu en détention, un autre interrogé

La justice koweïtienne a maintenu en détention mercredi une des principales figures de l'opposition, l'ancien député Musallam Al-Barrak, et convoqué un autre opposant pour avoir critiqué l'émir.

Ces décisions interviennent alors que le gouvernement est confronté à une contestation sans précédent, l'opposition contestant la décision de l'émir de modifier la loi électorale avant les législatives anticipées du 1er décembre, redoutant une manipulation du scrutin.

"Le parquet a décidé de maintenir Musallam Al-Barrak en détention pour dix jours à partir de lundi, date de son arrestation", a déclaré à l'AFP son avocat Mohammed Abdul Qader al-Jassem.

L'ancien député nationaliste a été questionné pendant cinq heures mardi au sujet de ses remarques mettant en garde contre une dérive autocratique au Koweït lors d'un rassemblement public le 15 octobre.

La Constitution protège l'émir, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, de toute critique.

Dans le même temps, les autorités ont convoqué l'ancien député islamiste Fayçal al-Muslim.

C'est le sixième député du Parlement dissous en juin à être interrogé pour des critiques de l'émir. Quatre de ses collègues avaient été brièvement détenus sur la base de mêmes accusations avant d'être libérés sous caution.

Le ministère des Affaires étrangères a par ailleurs annoncé qu'il allait poursuivre en justice l'avocat Jassem, qui est également un écrivain de l'opposition, pour un article considéré offensant pour l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unies.

Sur son blog mardi, Me Jassem avait affirmé dans une lettre ouverte au roi Abdallah d'Arabie saoudite et au prince héritier d'Abou Dhabi, cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyan, que les manifestations au Koweït pourraient rapidement s'étendre aux pays voisins.

Les deux pays sont des monarchies voisines et sont membres comme le Koweït du Conseil de coopération du Golfe.

Le Koweït, première monarchie du Golfe à s'être dotée d'un Parlement élu en 1962, connaît des crises politiques à répétition depuis 2006. La dynastie des Al-Sabah règne sur cet émirat pétrolier depuis plus de 250 ans.

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