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31/10/2012 04:10 EDT | Actualisé 31/12/2012 05:12 EST

Un Américain exécuté dans le Dakota du Sud après avoir renoncé à faire appel

Un Américain de 60 ans, qui réclamait d'être exécuté pour l'enlèvement, le viol et le meurtre d'une fillette, a été mis à mort tard mardi soir dans le Dakota du Sud (nord), où un moratoire était en place depuis cinq ans, a-t-on appris mercredi de source pénitentiaire.

Il s'agit de la deuxième exécution en quinze jours dans cet Etat, qui n'avait exécuté aucun condamné depuis cinq ans. C'est la quatrième exécution en 65 ans au Dakota du Sud, où un moratoire a été en place de 1947 à 2007.

De nombreuses voix, y compris l'Union européenne, s'étaient élevées contre cette exécution et la précédente dans cet Etat, celle d'Eric Robert, exécuté le 15 octobre après avoir également refusé de faire appel.

De nombreux militants contre la peine de mort s'étaient rassemblés mardi soir devant la prison de Sioux Falls où la nouvelle exécution a eu lieu.

La mort par injection létale de Donald Moeller a été prononcée à 22H24 locales (03H24 GMT mercredi), a indiqué à l'AFP une porte-parole des services pénitentiaires du Dakota du Sud. Il a été exécuté en présence des parents de la petite victime.

Ce sexagénaire avait été condamné à mort en 1992 pour avoir enlevé, violé et tué une fillette de 9 ans.

Après avoir clamé son innocence depuis les faits en 1990, Donald Moeller avait finalement admis début octobre avoir violé et poignardé la fillette après l'avoir enlevée dans un supermarché où elle était allée acheter des bonbons. Il avait alors renoncé à faire appel et déclaré qu'il méritait la peine de mort.

La France a condamné mercredi cette exécution et "exhorté les autorités du Dakota du Sud à rétablir le moratoire et à engager un débat sur l'abolition de la peine capitale", selon le porte-parole du Quai d'Orsay, Philippe Lalliot.

"Comme le ministre des Affaires étrangères l'a déclaré solennellement à l'occasion du lancement de la campagne en faveur de l'abolition universelle, la France réaffirme son opposition constante à la peine de mort, en tous lieux et en toutes circonstances", a-t-il ajouté.

La représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, avait demandé la grâce de Donald Moeller, ainsi que celle d'Eric Robert, exécuté pour le meurtre d'un gardien de prison, un an après sa condamnation.

"Je constate qu'il n'y a eu aucune exécution dans cet Etat depuis 2007. Je demande donc aux autorités compétentes et au gouverneur du Dakota du Sud de maintenir le moratoire qui était en place de facto et de gracier les deux détenus", avait-elle déclaré.

L'avocat d'Eric Robert avait rapporté, après l'exécution, que la peine capitale dans cet Etat avait en fait incité le condamné à tuer le gardien de la prison dans laquelle il était incarcéré pour une longue peine.

"La possibilité d'être condamné à mort a encouragé plutôt que découragé Robert à commettre son crime", a écrit Mark Kadi, dans un communiqué. "Je le sais parce qu'Eric me l'avait dit". Eric Robert lui aurait confié qu'il avait planifié ce meurtre lors d'une tentative d'évasion pour échapper à la peine de 80 ans de prison à laquelle il avait été condamné pour enlèvement.

Donald Moeller est le 34e condamné exécuté cette année aux Etats-Unis, selon le Centre d'information sur la peine capitale (DPIC).

La 35e est programmée mercredi soir au Texas (sud), l'Etat qui exécute un tiers des condamnés américains. Donnie Roberts, 41 ans, a été condamné à mort pour le meurtre de sa petite amie alors qu'il était en liberté conditionnelle. Il réclame également d'être exécuté.

chv/rap