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31/10/2012 05:34 EDT | Actualisé 31/12/2012 05:12 EST

État d'urgence prolongé en Tunisie

Les vives tensions entre les salafistes et les forces policières ont entraîné le prolongement de l'état d'urgence en Tunisie, jusqu'en janvier 2013. La Tunisie est passée en quelques mois de la joute politique à la violence.

Après la mort, mardi, d'un homme lors d'affrontements avec les gendarmes en banlieue de Tunis, des dizaines de salafistes, dont certains étaient armés de couteaux, se sont rassemblés mercredi devant la mosquée Ennour de Douer Hicher.

Selon les témoins, aucun dispositif policier n'a été déployé dans le quartier contrairement à ce qu'a affirmé le ministère de l'Intérieur.

Des militants salafistes ont indiqué à des journalistes qu'ils étaient préparés à de nouveaux affrontements. « On ne va pas laisser le meurtre d'hier sans réaction », a affirmé l'un d'eux.

Un autre militant a affirmé que les violences de la veille avaient pour cause l'interpellation de plusieurs salafistes, estimant toutefois « que ce n'est pas une raison de tirer dans la tête d'un Tunisien ».

Devant cette situation, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Khaled Tarrouche a affirmé mercredi que les forces de sécurité utiliseront « tous les outils permis par la loi » en cas d'attaque des islamistes radicaux, laissant entendre que des balles réelles seront utilisées.

Scepticisme

Le gouvernement tunisien, dominé par le parti islamiste Ennahda, est soupçonné de laxisme envers les salafistes par les partis d'opposition.

Un responsable de la police a, sous couvert de l'anonymat, affirmé que les forces de l'ordre n'ont reçu que mardi l'autorisation du ministère de l'Intérieur pour lancer des opérations contre les salafistes de Douar Hicher. « Je m'étonne de ce laxisme », a-t-il déclaré.

En revanche, Rached Mahjoub, président de l'Association tunisienne pour une police citoyenne qui rassemble les cadres du ministère de l'Intérieur, note une volonté accrue au sein du gouvernement pour lutter contre la mouvance jihadiste depuis l'attaque de l'ambassade des États-Unis le 14 septembre.

« Et pour moi, le ministre de l'Intérieur est clair et net dans ses instructions depuis une semaine », a-t-il indiqué.

Selon lui, le gouvernement a pris conscience que les forces de l'ordre étaient devenues une cible des islamistes radicaux.

Par ailleurs, les syndicats des forces de sécurité réclament plus de moyens pour lutter contre les islamistes radicaux.

Autre signe de tension, les autorités tunisiennes ont décidé mardi de reporter le début de la saison du championnat national de soccer.