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31/10/2012 10:04 EDT | Actualisé 31/12/2012 05:12 EST

Marois met l'accent sur une gestion saine et la hausse de la croissance

« Mettre de l'ordre dans nos finances et accélérer la croissance économique pour tous, voilà notre tâche ». C'est ainsi que la première ministre Pauline Marois a parlé d'économie lors de son discours inaugural, mercredi après-midi, à l'Assemblée nationale.

Afin de mettre de l'ordre dans les finances, « la condition première de la prospérité durable », le gouvernement dit d'abord vouloir faire l'examen et resserrer la gestion des projets d'infrastructures québécois, qui serait déficiente. Selon Pauline Marois, une vingtaine de projets prioritaires au Québec connaissent des dépassements de coûts de 80 %.

La fermeture de Gentilly-2 est également considérée par le PQ comme une bonne façon d'économiser des milliards.

Bien qu'aucune autre mesure concrète n'ait été annoncée, Pauline Marois prévient que « le gouvernement devra prendre d'autres décisions dans les prochaines semaines », dont « si nécessaire » la présentation d'un budget. Mme Marois affirme que son gouvernement est bien décidé à tenter de diminuer l'écart entre les dépenses et les revenus, qui « s'élargit rapidement et deviendra insoutenable si nous n'agissons pas maintenant ».

Quant à la croissance, Pauline Marois a mis l'emphase dans son discours sur un développement durable, responsable, juste et équitable, « qui répond aux exigences du 21e siècle et non à celle des profits à tout prix et à courte vue ».

Pour ce faire, le gouvernement compte sur le Groupe d'action ministériel pour la mise en oeuvre des projets d'investissements privés, présidé par Pauline Marois elle-même, et composé du ministre des Finances, du ministre des Ressources naturelles, du ministre du Développement durable, de la ministre déléguée à la Politique industrielle et à la Banque de développement économique et des PDG d'Hydro-Québec et d'Investissement Québec. Ce groupe aura pour mandat de s'assurer que les projets d'investissement remplissent rapidement toutes les conditions leur permettant d'aller de l'avant.

La croissance à l'avant-plan

Par ailleurs, la stratégie gouvernementale visant à hausser la croissance s'appuiera sur trois axes : l'exploitation des ressources naturelles, l'appui à l'entrepreneuriat et à l'innovation et la relance des exportations.

Dans son discours, Pauline Marois a insisté sur l'importance du Plan Nord, annonçant la création du Secrétariat du développement nordique, qui assurera la coordination du projet. Cet organisme remplacera en fait la Société du Plan Nord, qui avait le même mandat sous le gouvernement libéral. Mme Marois a aussi affirmé qu'un nouveau régime de redevances minières serait mis de l'avant, « qui fera en sorte d'enrichir davantage les Québécois, à qui appartiennent les ressources ». La première ministre dit également vouloir agir pour que plus de ressources naturelles soient transformées au Québec.

Pauline Marois a aussi affirmé sans ambages que son gouvernement compte exploiter le potentiel pétrolier du Québec, « en respectant l'environnement et l'acceptabilité sociale ». Le gouvernement se dit aussi « décidé à relancer l'industrie forestière », entre autres en planifiant mieux les travaux sylvicoles pour qu'ils débutent à temps et en favorisant l'utilisation du bois sous toutes ses formes.

Appuyer les investissements

Le gouvernement dit vouloir assurer l'avenir en mettant l'accent sur l'entrepreneuriat et l'innovation. Il veut ainsi augmenter les investissements publics et privés en recherche et développement à 3 % du PIB. Le gouvernement compte aussi sur la création de la Banque de développement économique, annoncée lors de l'assermentation des nouveaux ministres, pour appuyer les entrepreneurs. La Banque devrait simplifier l'octroi de l'aide financière aux entreprises.

Le gouvernement veut notamment supporter les technologies durables de transport et d'énergie en développant la filière électrique. « Réduisons nos importations de pétrole en les remplaçant par l'électricité et on va s'enrichir. Édifions un savoir-faire québécois que nous pourrons ensuite exporter partout dans le monde », a lancé la première ministre.

Relancer les exportations

Pour ce qui est du commerce, Pauline Marois a déploré que le déficit commercial du Québec soit de 22 milliards par année.

Selon elle, pour régler le problème, il ne faut pas se replier sur soi-même, mais plutôt intensifier les échanges commerciaux de toute sorte, afin d'attirer les investissements internationaux. C'est pourquoi Mme Marois se dit en accord avec le traité de libre-échange avec l'Union européenne.

Le gouvernement veut aussi relancer le secteur agricole en soutenant les producteurs. Il dit vouloir parvenir à « la souveraineté alimentaire, qui sera au coeur de notre politique et nous permettra de créer des emplois et de soutenir des entreprises et des produits de chez nous ». Mme Marois souligne ainsi que le secteur agroalimentaire est le plus important employeur manufacturier du Québec.

Le gouvernement veut finalement miser sur le tourisme, « en déployant un plan ambitieux », et sur l'économie sociale, « pour la reconnaître la promouvoir et la développer ».