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31/10/2012 01:54 EDT | Actualisé 31/12/2012 05:12 EST

Le gouverneur Chris Christie, un allié inattendu pour le président Obama

WASHINGTON - Le président Barack Obama et son ennemi d'autrefois, le gouverneur républicain du New Jersey, ont constaté ensemble mercredi les dommages causés par la tempête Sandy, alors que les sondages suggèrent que le président détient une avance mince mais stable sur Mitt Romney dans les États-pivots, à moins d'une semaine de la présidentielle.

Le président Obama et Chris Christie forment un couple politique improbable, puisque le gouverneur du New Jersey est un fervent partisan du candidat républicain à la présidence et qu'il a critiqué le président sortant à plusieurs reprises. Mais c'était avant que la tempête Sandy ne s'abatte sur les côtes du New Jersey.

Depuis, le gouverneur Christie a fait l'éloge du président pour sa gestion de la crise.

«C'est très important que le président des États-Unis prenne la mesure de toute la souffrance vécue ici au New Jersey et je l'apprécie beaucoup», a déclaré M. Christie, qui accompagnait le président lors d'une visite dans un abri d'urgence de Brigantine, après une tournée en hélicoptère de deux heures le long de la côte dévastée de l'État.

Barack Obama lui a retourné le compliment.

«Je veux que vous sachiez que votre gouverneur travaille en heures supplémentaires», a-t-il affirmé devant des dizaines de citoyens réfugiés dans l'abri. «Le pays en entier observe ce qui se passe. Tout le monde sait à quel point le New Jersey a été durement touché.»

Pendant ce temps, Mitt Romney, marginalisé par la tempête Sandy, tentait toujours mercredi de trouver le ton juste lors d'un rassemblement de campagne en Floride.

Comme la veille, il a évité de critiquer explicitement le président, préférant s'en tenir à un message positif et appelant ses partisans à faire des dons à la Croix-Rouge pour aider les victimes de Sandy.

«Je vais apporter un vrai changement et de vraies réformes, et une présidence qui nous réunira ensemble», a déclaré le candidat républicain. «Je ne fais pas que parler de changement; j'ai un plan pour produire ces changements et faire en sorte qu'ils se concrétisent.»

Sandy a sérieusement affecté la campagne des deux candidats à la présidence des États-Unis.

La tempête a procuré au président Obama une petite pause de la campagne et lui a permis de reprendre ses fonctions présidentielles face à un désastre qualifié d'«inimaginable» par le gouverneur Christie.

Mitt Romney, qui ne dispose pas de fonction officielle, peine à trouver sa place au moment où les médias se concentrent sur les conséquences de la tempête. Même son équipe a admis qu'il éprouvait des difficultés.

La tempête «a interrompu le cycle des nouvelles à un moment où Mitt était en bonne posture», a déclaré mercredi Tom Rath, un important conseiller du candidat républicain, sur la radio publique nationale.

«Dans une campagne, vous ne tracez pas la route, vous jouez les cartes que vous avez en mains.»

L'équipe Romney doit aussi gérer un problème inattendu venant du rapprochement soudain entre le président et le gouverneur du New Jersey. Les commentateurs politiques se perdent en conjectures pour tenter de comprendre l'attitude de Chris Christie face à Barack Obama.

Mardi, le gouverneur du New Jersey a déclaré que le président avait été «remarquable» dans sa gestion de la catastrophe. Il a fait peu de cas des questions des journalistes qui voulaient savoir à quel moment il prévoyait recevoir Mitt Romney au New Jersey pour constater l'étendue des dommages.

Certains estiment que le gouverneur républicain du New Jersey veut se porter candidat à la présidentielle dès 2016 et qu'il ne veut pas attendre 2020. En ce sens, une victoire de Barack Obama mardi prochain servirait ses intérêts politiques. D'autres affirment que le gouverneur a simplement tenté d'obtenir le plus d'aide fédérale possible pour les sinistrés.

Le président Obama reprendra sa campagne électorale jeudi, avec des arrêts au Wisconsin, au Nevada et au Colorado.

Son retour sur le chemin de la campagne survient alors que les sondages suggèrent que le président maintient son avance dans les États-pivots qui pourraient déterminer l'issue de l'élection présidentielle de mardi.

Un sondage New York Times/CBS mené avant l'arrivée de la tempête Sandy montre que Barack Obama devance Mitt Romney d'un point de pourcentage au niveau national. Le sondage indique aussi que le président sortant dispose d'une mince avance en Floride et en Virginie et qu'il devance son rival de cinq points en Ohio.