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31/10/2012 12:37 EDT | Actualisé 31/12/2012 05:12 EST

Coderre renonce au leadership du PLC et insinue qu'il vise la mairie de Montréal

OTTAWA - Denis Coderre confirme qu'il ne sera pas de la course au leadership du Parti libéral du Canada et insinue du même coup qu'il tentera sa chance à la mairie de Montréal.

«J'ai dit :"c'est la chefferie ou la mairie". Je vous dis aujourd'hui que ce n'est pas la chefferie», a annoncé le député de Bourassa mercredi aux côtés de son chef Bob Rae.

Depuis déjà plusieurs mois, Denis Coderre admettait jongler avec l'idée de se lancer dans la course au leadership du Parti libéral du Canada (PLC) et celle de se porter candidat à la mairie de Montréal.

Devant les médias, il a mis fin au suspense mercredi, après avoir avisé ses collègues libéraux réunis en caucus. Il s'est engagé à conserver ses responsabilités de député jusqu'à l'issue de la course au PLC, en avril 2013.

«Je me suis dédié totalement à ce parti et à mon pays depuis les 30 dernières années. Je suis avant tout député de Bourassa. J'aurais pu aujourd'hui dire "je m'en vais", mais je pense qu'il faut être aussi loyal à son parti et il faut avoir un certain sens du devoir», a-t-il signalé.

Son annonce survient au moment où l'actuel maire de la métropole québécoise est éclaboussé par des révélations sur le financement de son parti à la Commission Charbonneau. Tout porte ainsi à croire que Gérald Tremblay ne sollicitera pas un nouveau mandat, laissant le champ libre à M. Coderre.

«Je pense que Montréal mérite mieux (...) J'adore Montréal et c'est clair que je trouve désolant ce qui se passe. Mais on va laisser faire le travail de la Commission, on va laisser faire les gens dans leur propre juridiction», a-t-il noté.

Il n'a cependant pas voulu dire s'il pensait que M. Tremblay devrait démissionner.

«C'est une situation très inconfortable, mais c'est à lui à la prendre (sa décision)», a-t-il tranché.

Âgé de 49 ans, Denis Coderre est député de la circonscription montréalaise de Bourassa depuis 1997. Dans le gouvernement de Jean Chrétien, il a été tour à tour en charge du Sport amateur, de l'Immigration et de la Francophonie.

Fervent utilisateur de Twitter, à l'aise devant les caméras et amateur de figures de style imagées, il est sans conteste l'un des députés fédéraux les plus connus du grand public québécois.

S'il avait choisi de se lancer dans la course à la chefferie du PLC, il aurait eu à affronter un autre député montréalais très médiatisé, Justin Trudeau.

Démission

Le chef intérimaire Bob Rae n'a pas paru mal à l'aise du fait que son député envisage de faire le saut en politique municipale tout en exerçant ses fonctions de député fédéral.

«La question de la mairie, c'est une question pour l'avenir. Et (M. Coderre) m'a dit clairement qu'il n'y aura pas d'autres annonces de sa part — parce qu'il n'y aura pas de décision de sa part finale — avant la sélection du nouveau chef permanent du PLC au mois d'avril», a conclu M. Rae.

Fait à noter: pressé de questions à cet égard, M. Coderre n'a pas infirmé ni confirmé qu'il attendrait en effet jusqu'au 14 avril avant de prendre sa décision pour la mairie.

Malgré tout, l'ancien chef libéral Stéphane Dion ne craint pas que M. Coderre puisse jouer un double jeu. «Il ne fera pas campagne, il sera 100 pour 100 pour nous, à travailler avec nous», a-t-il noté.

Du côté du Nouveau Parti démocratique (NPD), on ne voit cependant pas l'affaire sous cet angle et on demande à M. Coderre de chasser le flou.

«C'est comme s'il nous avait présenté une feuille de papier sur laquelle c'était écrit un plus un et qu'il nous laissait trouver la solution et le résultat», a illustré le néo-démocrate Alexandre Boulerice.

Aux yeux du député de Rosemont-la-Petite-Patrie, M. Coderre a intérêt à mettre les choses au clair le plus rapidement possible.

«La ligne est mince entre le fait d'être candidat à la mairie de Montréal officieusement, tout en recevant son salaire de député», a-t-il souligné.

À l'instar de M. Boulerice, le chef bloquiste Daniel Paillé croit d'ailleurs que M. Coderre devra laisser immédiatement son siège de Bourassa s'il plonge pour la mairie. «C’est sûr que dès l’instant que M. Coderre annoncerait autre chose que son mandat fédéral, il faudrait qu’il arrête son mandat fédéral pour lequel il est payé», a-t-il expliqué.