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30/10/2012 07:38 EDT | Actualisé 30/12/2012 05:12 EST

Un blogueur tunisien condamné à une amende pour atteinte à la pudeur

Le blogueur et opposant tunisien Sofiène Chourabi, a été condamné mardi à une amende de 104 dinars (52 euros environ) pour ivresse publique et atteinte à la pudeur, a annoncé à l'AFP l'intéressé, qui accuse les islamistes au pouvoir d'avoir orchestré cette affaire.

M. Chourabi et un de ses amis, le journaliste Mehdi Jelassi, devront s'acquitter chacun de 100 dinars (50 euros) d'amende pour atteinte à la pudeur et quatre dinars (deux euros) pour ivresse publique.

Les deux hommes avaient été arrêtés début août pour avoir consommé de l'alcool dans un lieu public, une plage près de Menzel Temime sur le Cap Bon, à 100 km de Tunis, durant le ramadan, le mois de jeûne des musulmans. Ils risquaient six mois de prison.

"Je vais faire appel de cette décision du tribunal de Menzel Temime car elle confirme des accusations que je rejette et nie totalement", a déclaré le blogueur.

M. Chourabi a par le passé accusé les islamistes d'Ennahda, qui dirigent le gouvernement tunisien, d'avoir fabriqué ces accusations.

Le blogueur assure qu'il dormait avec deux amis dans une tente sur une plage isolée au moment de l'interpellation, et que ses aveux en août lui avaient été extorqués par des policiers.

L'ONG Amnesty international a dénoncé la condamnation des deux hommes et appelé la Tunisie à les annuler.

"Les restrictions aux libertés individuelles au nom de l'ordre public sont nécessaires mais doivent être proportionnées et ne doivent jamais être utilisées comme une excuse pour poursuivre des détracteurs du gouvernement", estime l'ONG.

"Ces condamnations doivent être annulées, et les autorités tunisiennes doivent s'abstenir de poursuivre des individus qui exercent libremement leurs droits fondamentaux", poursuit l'ONG citant la liberté de réunion, d'expression et le droit au respect de la vie privée.

Cette affaire intervient dans un contexte de tensions en Tunisie au sujet de la liberté d'expression. Plusieurs médias publics sont notamment en conflit ouvert avec le gouvernement qui est soupçonné de chercher à contrôler leur ligne éditoriale.

Par ailleurs, l'opposition tunisienne et une partie de la société civile accusent Ennahda d'organiser une islamisation rampante de la société.

M. Chourabi avait été rendu célèbre par ses écrits contre le régime déchu du président Zine El Abidine Ben Ali. Il travaille désormais pour le site d'informations Institute for War and Peace Reporting (IWPR).

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