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30/10/2012 02:52 EDT | Actualisé 30/12/2012 05:12 EST

Tunisie: un influent homme d'affaires soupçonné de complot contre l'Etat

L'influent homme d'affaires tunisien Kamel Eltaïef, considéré comme proche de l'opposition, fait l'objet d'une interdiction de sortie du territoire dans le cadre d'une enquête pour complot contre la sûreté de l'Etat, a appris l'AFP mardi auprès de sources judiciaires.

M. Eltaïef, qui a été l'éminence grise du président déchu Zine El Abidine Ben Ali de 1987 à 1992 avant de tomber en disgrâce, fait l'objet d'une information judiciaire mais n'a pas encore été inculpé, selon trois sources informées du dossier.

Elles n'ont cependant pas précisé la nature des faits qui lui sont reprochés. Selon l'une des sources, l'enquête porterait sur plusieurs affaires de corruption dans lesquelles il serait impliqué, outre les soupçons de complot contre la sûreté de l'Etat.

Cette procédure s'appuie sur une plainte déposée par un avocat, Cherif Jebali, qui s'est exprimé à l'antenne de la radio Shems-FM, expliquant que M. Eltaïef, convoqué lundi devant le juge d'instruction qui souhaitait l'interroger, avait fourni un certificat médical pour justifier son absence.

"Kamel Eltaïef est accusé de complot contre la sûreté de l'Etat. Il est possible que d'autres personnes soient convoquées" par le juge d'instruction, a dit cet avocat, sans expliquer sur quels faits porte sa plainte.

"Kamel Eltaïef a adressé un certificat médical (lundi au juge, ndlr) mais il est convoqué de nouveau jeudi, et s'il ne s'y rend pas, un mandat d'amener serait émis à son encontre", a encore affirmé Maître Jebali.

L'homme d'affaires n'était pas joignable mardi soir.

M. Eltaïef était l'éminence grise de Ben Ali durant les premières années de son régime. Il est tombé en disgrâce pour avoir voulu s'opposer au mariage du président tunisien de l'époque avec Leïla Trabelsi.

L'homme d'affaires est désormais considéré comme étant proche de Beji Caïd Essebsi, chef du parti d'opposition Nidaa Tounès (l'Appel de la Tunisie) honni par les islamistes d'Ennahda qui dirigent l'actuel gouvernement tunisien.

M. Essebsi avait dirigé le deuxième gouvernement post-révolutionnaire, qui a conduit la Tunisie jusqu'aux élections du 23 octobre 2011. Selon plusieurs sondages, il connaît une popularité croissante.

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