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30/10/2012 04:57 EDT | Actualisé 30/12/2012 05:12 EST

Charbonneau: un témoin dit avoir été menacé de mort par un entrepreneur en 2007

MONTRÉAL - Un ancien organisateur politique d'Union Montréal, Martin Dumont, devenu directeur de cabinet dans l'arrondissement de Pointe-aux-Trembles_Rivières-des-Prairies, a affirmé avoir reçu des menaces de mort parce qu'il avait demandé des justifications concernant un contrat de réfection des trottoirs qu'il trouvait trop coûteux, en juin 2007.

Il a relaté son expérience traumatisante devant la Commission Charbonneau, mardi, retenant ses larmes. «J'ai eu beaucoup peur», a-t-il admis.

«Tu sais que mes fondations de trottoirs sont épaisses et très profondes», lui aurait dit l'entrepreneur Niccolo Milioto, de Mivela Construction.

Quand M. Dumont lui a dit qu'il ne comprenait pas ce qu'il voulait dire, l'entrepreneur aurait ajouté: «il ne faudrait pas que tu te retrouves dans mes fondations de trottoir».

M. Dumont, alors directeur de cabinet du maire d'arrondissement Cosco Macioca, s'était étonné de la hausse soudaine du prix d'un contrat de trottoirs accordé à Mivela Construction _ comparativement à un projet similaire réalisé six mois plus tôt _ et avait demandé des justifications au service de génie de l'arrondissement.

C'est toutefois l'entrepreneur en construction lui-même qui s'était présenté à la mairie d'arrondissement pour lui parler seul à seul dans un bureau, en fermant la porte. Il lui aurait alors proféré ces menaces, ce qui a mis fin abruptement à la conversation.

M. Dumont, ébranlé, a quitté le bureau cette journée-là, et n'en a jamais parlé à personne, même à sa conjointe. «En toute honnêteté, s'il n'y avait pas eu de commission d'enquête, je n'aurais jamais parlé de ce genre d'événement-là», a-t-il admis.

Et comme il était encore bouleversé de raconter les menaces qu'il avait reçues, mardi, la commission a pris une pause.

Ce jour-là, en 2007, il a pris la décision de quitter son emploi pour de bon et de chercher ailleurs. «L'effet était de me casser et ça m'a cassé», a-t-il relaté. Dans les jours qui ont suivi, il n'a plus osé poser de questions sur les sommaires décisionnels en demandant des justifications sur des hausses de prix.

Il a trouvé un autre emploi à Ottawa dès octobre 2007, dans un ministère fédéral.