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29/10/2012 03:48 EDT | Actualisé 29/12/2012 05:12 EST

USA: l'économie pourrait pâtir de l'ouragan Sandy mais aussi en profiter

Quel sera le coût de Sandy pour l'économie? A l'heure où l'ouragan s'approche de la côte est des Etats-Unis, des experts chiffrent les futurs dégâts à plusieurs milliards de dollars mais suggèrent également que le sinistre pourrait dynamiser l'activité.

L'annulation de plus de 11.000 vols, la fermeture temporaire d'entreprises et la suspension des transports à Washington et New York ont mis les experts d'accord: Sandy pèsera sur une économie américaine encore convalescente.

"Les effets pourraient se faire ressentir bien après le passage de la tempête puisqu'il faudra des semaines pour réparer les possibles coupures de courant et les dégâts sur les infrastructures", résument les experts du cabinet d'études Challenger, Gray and Christmas.

La société de gestion des risques Eqecat, qui fait autorité en la matière, a plus précisément estimé entre 10 et 20 milliards de dollars les dégâts que les vents à 110 km/h de Sandy pourraient provoquer sur la côte Est.

"Les dommages pris en charge par les assurances sont évalués entre 5 à 10 milliards de dollars", a ajouté Eqecat lundi.

Cette estimation place Sandy dans la moyenne des ouragans qui ont récemment déferlé sur les Etats-Unis: les dégâts causés par Irene en 2011 avaient été évalués à 10 milliards de dollars tandis que ceux provoqués par Ike en 2008 avaient été chiffrés à 20 milliards, selon Eqecat.

Tous se situent loin derrière Katrina, qui avait dévasté La Nouvelle-Orléans (Louisiane, sud) en 2005 et tué plus de 1.800 personnes: les "dommages assurés" avaient été évalués entre 40 et 66 milliards, faisant de cet ouragan la catastrophe naturelle la coûteuse de l'histoire.

Calculer précisément l'impact d'une catastrophe naturelle relève toutefois de la gageure. "Il ne s'agit pas simplement d'additionner les remboursements effectués par les sociétés d'assurances et le coût des dommages non assurés", explique Peter Morici, professeur d'Economie à l'Université de Maryland (est).

Selon ce spécialiste des catastrophes naturelles, la principale difficulté réside dans le fait que les ouragans et autres séismes peuvent par ailleurs doper l'activité, particulièrement aux Etats-Unis, "une économie avec un chômage élevé et des ressources sous-utilisées".

"Les sinistres peuvent donner un coup de pouce à un secteur de la construction aujourd'hui en difficulté et débloquer des investissements", juge M. Morici, selon qui les travaux de reconstruction devraient ainsi générer des investissements de 15 à 20 milliards.

Cette hypothèse s'appuie sur des précédents. Après le séisme meurtrier qui avait dévasté la province chinoise du Sichuan en 2008, faisant près de 70.000 morts, une agence gouvernementale chinoise avait calculé que les efforts de reconstruction avaient finalement dopé le produit intérieur brut du pays de 0,3%.

Récusant tout cynisme, le cabinet Challenger, Gray and Christmas estime lui aussi que l'économie américaine pourrait au final tirer quelques bénéfices de Sandy.

"Une fois le choc passé (...), il y aura probablement une augmentation des embauches dans le secteur de la construction (...) et une hausse des dépenses des ménages et des entreprises afin de réparer les dégâts", indiquent ces experts.

Selon le cabinet Edmunds, les dommages causés par Sandy pourraient également "pousser des consommateurs à revenir vers le marché" automobile et stimuler les ventes d'automobiles en novembre.

jt/sl/sam