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29/10/2012 08:32 EDT | Actualisé 29/12/2012 05:12 EST

Menacé d'une taxe, le patron de Google reçu par François Hollande

Le patron de Google, Eric Schmidt, est reçu lundi à Paris par le président français François Hollande en plein bras de fer entre le moteur de recherche américain qui veut éviter une "taxe Google" et des éditeurs de presse français et européens déterminés à le faire payer.

Italiens et Allemands font cause commune avec les Français pour réclamer l'instauration par la loi d'un droit payant qui serait versé par Google aux organes de presse, arguant que ce sont leurs contenus, régulièrement actualisés, qui drainent les visiteurs vers le géant du net.

"Ce mouvement européen nous permet de ne pas être démunis face à Google. Il ne faut pas qu'on considère que tous les combats sont perdus face à ces grandes entreprises du numérique", a souligné lundi à la radio France Inter la ministre française de la Culture et de la Communication, Aurélie Filippetti, favorable à la demande des éditeurs.

Il "est normal que les grands sites agrégateurs participent au financement de la presse", a réaffirmé la ministre, qui doit également rencontrer lundi le patron de Google dans le cadre de sa tournée européenne.

Berlin a déjà adopté fin août un projet de loi obligeant les moteurs de recherche à verser des commissions aux éditeurs. Mais son adoption par le Parlement n'est pas acquise, la gauche y étant opposée.

Sourd à ce stade aux revendications d'une presse qui prend la crise de plein fouet, Google montre les dents: le moteur de recherche menace de ne plus référencer les journaux français si une telle taxe devait voir le jour, c'est-à-dire de ne plus afficher les liens qui renvoient le lecteur vers leurs sites.

Instaurer une taxe serait "néfaste pour internet et pour les internautes", a estimé Olivier Esper, un responsable de Google, dont le siège social est basé en Irlande et échappe ainsi à la taxation sur les sociétés en France.

Selon le site internet du quotidien Le Figaro, François Hollande serait favorable à une loi pour contraindre Google à partager les bénéfices créés par l'information en ligne. Il l'aurait affirmé mercredi aux éditeurs de la presse quotidienne régionale. "Il nous a affirmé qu'il soutiendra l'adoption d'un texte de loi dès janvier 2013", a raconté un convive cité par Le Figaro.

En revanche, Fleur Pellerin, ministre déléguée au Numérique, préférerait se passer d'une "Google Lex" et prône "une discussion apaisée".

"S'il peut y avoir un accord de gré à gré entre les organisations représentatives des organismes de presse et la société Google, ce serait évidemment bien mieux que d'aller alimenter des polémiques ou d'entrer dans des combats judiciaires", avait-elle indiqué le 19 octobre à l'AFP.

Selon le site d'information américain spécialisé Quartz - abondamment cité ce week-end par la presse française - auquel s'est confiée la semaine dernière la ministre lors d'une visite aux Etats-Unis, Fleur Pellerin préconiserait un délai de "trois mois".

"Ce que je vais suggérer à Google et à la presse est de commencer la négociation (...) pour peut-être trois mois, et d'essayer de trouver un accord sur la base d'une négociation", a-t-elle déclaré, notant que "les deux parties tirent avantage du trafic croisé".

Google fait valoir de son côté qu'il redirige quatre milliards de clics par mois vers les éditeurs dans le monde.

Mais pour la présidente de l'Association de la presse d'information politique et générale, Nathalie Collin, Google est avant tout une "régie publicitaire géante (...) qui engrange en France plus de 1,2 milliard (d'euros) de revenus publicitaires, contre moins de 200 millions pour toute la presse en ligne".

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