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29/10/2012 03:03 EDT | Actualisé 29/12/2012 05:12 EST

Les employés de l'usine de Bombardier à La Pocatière votent pour la grève

MONTRÉAL - Bombardier (TSX:BBD.B) pourrait faire face à des grèves sur deux fronts, alors que les employés de son usine de La Pocatière ont pris des mesures afin d'éventuellement se joindre à leurs collègues de Learjet à Wichita, aux États-Unis.

La grève déclenchée à Wichita, au Kansas, en est rendue à sa quatrième semaine, ce qui en fait la plus longue de l'histoire de la division aéronautique de Bombardier, surpassant celle de trois semaines ayant eu lieu en 2006.

Les travailleurs ferroviaires de Bombardier à La Pocatière se sont prononcés dans une proportion de presque 96 pour cent, samedi, en faveur de moyens de pression pouvant aller jusqu'à la grève au moment jugé opportun, avant que les deux parties ne se rencontrent en présence d'un conciliateur, mardi matin.

«La compagnie et le syndicat sont tellement éloignés qu'il est difficile de voir comment nous pourrions nous rejoindre», a affirmé le président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Mario Lévesque, lors d'un entretien.

Les travailleurs sont sans contrat de travail depuis le 30 septembre 2011, et jusqu'à présent, aucune entente n'a été conclue malgré la tenue de 37 séances de négociation.

La question du recours à la sous-traitance fait partie des points en litige. L'amélioration du régime de retraite et l'obtention d'augmentations salariales font aussi l'objet de négociations.

Le syndicat reproche depuis longtemps à l'entreprise de ne pas respecter ses engagements en matière de création d'emplois à l'usine de La Pocatière, affirmant qu'elle confiait des activités à des travailleurs en Ontario, aux États-Unis et au Mexique.

M. Lévesque a indiqué que Bombardier n'avait pas respecté une entente conclue en 2010 qui, selon le syndicat, garantissait la construction des voitures du métro de Montréal à La Pocatière. Il a précisé que certaines des tâches étaient confiées aux employés d'une usine mexicaine, et d'autres à différentes compagnies au Québec et à Milwaukee, au Wisconsin.

«Ce sont des choses que nous avions l'habitude de faire et on les envoie maintenant à l'extérieur. Nous avons de la difficulté à comprendre ça», a déclaré M. Lévesque.

«Nous ferons tout ce que nous pourrons pour récupérer les emplois, pas seulement pour les travailleurs, mais aussi pour l'économie de la région», a-t-il ajouté.

Le porte-parole de Bombardier Transport, Marc Laforge, a expliqué que les tâches étaient confiées aux différentes usines du réseau de l'entreprise en fonction des exigences en matière d'emploi et de la spécialisation de chacune.

«Je ne vois pas de quoi ils parlent quand il parlent de sous-traitance», a-t-il affirmé.

Les actions de Bombardier ont terminé la séance de lundi à 3,74 $ à la Bourse de Toronto, en hausse d'un cent par rapport à leur précédent cours de clôture.