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29/10/2012 08:16 EDT | Actualisé 29/12/2012 05:12 EST

L'aviation syrienne mène des raids aériens d'une violence inédite (ONG)

Les violences ont repris de plus belle lundi en Syrie avec des bombardements de l'aviation d'une violence inédite et un attentat à la voiture piégée qui a fait dix morts dans un quartier de Damas, l'émissaire de l'ONU ne pouvant que constater une aggravation de la situation.

En visite à Moscou, le médiateur international Lakhdar Brahimi, qui avait initié un cessez le feu mort-né à l'occasion de la fête musulmane de l'Aïd al-Adha, a affirmé que la situation ne faisait qu'empirer.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est déclaré pour sa part "profondément déçu" par l'échec de la trêve, qui était censée être observée de vendredi à lundi par le régime syrien et les rebelles.

"Il y a eu 48 raids en quatre heures ce matin à travers le pays, notamment dans la région de Damas et à Idleb (dans le nord du pays ). Il s'agit de l'utilisation la plus violente de chasseurs bombardiers depuis l'entrée en action de l'aviation", fin juillet, a affirmé le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) Rami Abdel Rahmane.

Selon une journaliste de l'AFP, durant deux heures tôt le matin, les bombardements étaient si intenses que les vitres des appartements dans le centre de Damas tremblaient.

Vers 11H15 (09H15 GMT), les avions de chasse continuaient à survoler la capitale.

"Les raids visent les fermes de Harasta où se déroulent des combats au sol", a affirmé l'OSDH, basé en Grande-Bretagne et qui s'appuie sur un réseau de militants et de sources médicales dans les hôpitaux civils et militaires à travers le pays.

"Il y a eu huit raids en une heure et demie sur les fermes entre Erbine (nord-est) et Zamalka (ouest), et sur les terres agricoles entre Harasta et Barzé (nord-est)", selon l'OSDH.

Par ailleurs, selon l'OSDH, des tirs d'artillerie visaient également Douma, située à 13 km au nord-est de Damas, où trois civils ont été tués, et des villages dans la province de Damas.

C'est dans cette région qu'ont commencé les première manifestations contre le régime de Bachar al-Assad en mars 2011 et c'est également dans ces banlieues que se sont constitués les premiers bataillons de l'Armée syrienne libre (ASL).

Selon une source de sécurité à Damas, "l'armée mène des raids aériens sur les terres agricoles et les vergers aux alentours car les rebelles s'y regroupent et essaient d'y renforcer leurs positions. Elle agit conformément aux conditions définies pour le cessez-le-feu", ajoute cette source.

L'armée et les rebelles se sont mutuellement accusés d'être responsables de l'échec de la trêve proposée pour la fête de l'Aïd al-Adha par l'émissaire international et avaient prévenu qu'ils riposteraient à toute violation.

Un attentat à la voiture piégée à la périphérie sud-est de Damas a fait, près d'une boulangerie à Jaramana, dix morts, dont des femmes et des enfants, a indiqué la télévision officielle syrienne.

Deux attentats à la voiture piégée, le 28 août et le 3 septembre, dans cette banlieue de Damas, principalement chrétienne et druze, et favorable au régime du président Bachar al-Assad, avaient fait 27 morts et des dizaines de blessés, selon l'OSDH.

Dans le nord du pays, des avions ont également bombardé Maaret al-Noomane, une localité stratégique sur la route entre Damas et Alep, que les rebelles ont conquise le 9 octobre.

A Alep, des combats ont eu lieu dans le quartier de Zahra, dans le nord-ouest où se trouve le quartier général des services de renseignements de l'armée de l'air et également au rond-point de Jandoul, dans le nord, a souligné l'OSDH.

"Il y a des accrochages à l'arme automatique depuis tôt ce matin, mais les combats ont commencé en fait hier. Je ne peux même pas mettre la tête dehors car je risque de recevoir une balle", a indiqué à l'AFP Layal, 28 ans, une habitante de Zarha.

M. Brahimi, qui se trouve à Moscou pour des consultations avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré que "la situation en Syrie est mauvaise et empire".

Pour sa part, à Séoul où il recevait un prix pour la paix, M. Ban Ki-moon s'est déclaré "profondément déçu que les parties aient échoué à respecter l'appel à la cessation des combats".

"Cette crise ne peut être résolue avec davantage d'armes et de sang versé", a-t-il ajouté, exhortant le Conseil de sécurité de l'ONU, les Etats influents du Moyen-Orient et toutes les parties concernées à "satisfaire à leurs obligations et à oeuvrer en faveur d'un cessez-le-feu".

A la frontière avec la Turquie, l'artillerie turque a riposté lundi après qu'un obus syrien fut tombé sur le sol de la Turquie sans faire de victimes, a rapporté l'agence de presse Anatolie.

L'obus syrien est tombé près du village turc de Besaslan, dans la zone frontalière du sud de la province de Hatay, alors que les rebelles affrontent dans la ville syrienne de Haram les forces loyales au président Bachar al-Assad, a précisé l'agence.

Un autre obus syrien a éclaté plus tard à quelque 500 mètres de Besaslan, selon l'agence Anatolie, sans indiquer si l'artillerie turque avait cette fois répliqué.

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