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29/10/2012 04:57 EDT | Actualisé 28/12/2012 05:12 EST

L'armée syrienne mène une campagne de bombardements intensive

La trêve de quatre jours dont avaient convenu l'armée et les rebelles pour la durée de la fête de l'Aïd el-Adha s'achève dans le sang. L'aviation syrienne a mené des raids aériens d'une violence inédite dans plusieurs villes du pays, lundi, alors que deux attentats à la voiture piégée ont frappé la capitale et ses environs.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), basé en Grande-Bretagne, estime que les violences à travers le pays ont fait au moins 80 morts, soit 33 civils, 28 soldats et 19 rebelles.

L'organisation a recensé plus de 60 raids, notamment en banlieue de Damas. Les bombardements ont visé principalement les fermes de Harasta, dans la banlieue nord-est de Damas, celles entre Erbine (dans le nord-est) et Zamalka (à l'ouest) et les terres agricoles situées entre Harasta et Barzé (dans le nord-est).

Des tirs d'artillerie ont aussi ciblé Douma, au nord-est de Damas, où trois civils ont été tués, des villages de la province de Damas ainsi qu'Idleb, dans le nord-ouest du pays.

« C'est l'utilisation la plus violente de chasseurs-bombardiers depuis l'entrée en action de l'aviation », fin juillet, a affirmé le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. « Il y a des combats dans toutes les régions visées par ces raids », a-t-il ajouté.

Selon une source de sécurité, les bombardements ciblaient des terres agricoles et des vergers afin d'« empêcher que les rebelles s'y regroupent et essaient d'y renforcer leurs positions ».

Attentats à la voiture piégée

À Jaramana, à la périphérie de Damas, un attentat à la voiture piégée commis par des « terroristes » près d'une boulangerie aurait fait 11 morts et des dizaines de blessés, dont des femmes et des enfants, selon la télévision officielle syrienne, qui a changé le bilan à plusieurs reprises.

L'OSDH, qui s'appuie sur un réseau de militants et de sources médicales dans les hôpitaux, a pour sa part fait état de cinq morts et de sept personnes dans un état grave.

Favorable au régime de Bachar Al-Assad, cette municipalité où vivent principalement des chrétiens et des Druzes avait déjà été touchée par deux attentats à la voiture piégée, à la fin de l'été.

Selon la télévision officielle, une deuxième voiture piégée aurait aussi fait « des victimes » à Hajar al-Aswad, un quartier du sud de Damas que se disputent l'armée et les rebelles.

À Alep, les habitants font par ailleurs état de combats sporadiques dans le quartier de Zahra, où est situé le quartier général des services de renseignements de l'armée de l'air.

Plus au nord, les rebelles continuent leurs attaques pour tenter de s'emparer de la base militaire de Wadi Deif, loyale au régime de Bachar Al-Assad.

Une trêve rapidement violée

Le régime en place et les principaux groupes d'insurgés avaient accepté la trêve négociée par l'émissaire de l'ONU et des pays arabes, Lakhdar Brahimi, et entrée en vigueur vendredi. Les violences ont cependant rapidement repris le dessus.

L'armée syrienne a attribué la rupture de la trêve aux insurgés. Dans un communiqué émis lundi, elle a affirmé qu'elle entendait continuer à « accomplir son devoir constitutionnel de défendre la nation et d'écraser le terrorisme, afin de restaurer la sécurité et la stabilité sur chaque centimètre carré de notre pays bien-aimé ».

Selon l'OSDH, 420 personnes ont été tuées en Syrie depuis vendredi.

La communauté internationale déplore l'échec de la trêve

« La crise en Syrie est très, très dangereuse, la situation est mauvaise et empire », a déclaré M. Brahimi, en visite à Moscou pour rencontrer le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, allié de Damas.

Il a précisé lundi que l'ONU ne prévoyait pas l'envoi de Casques bleus en Syrie dans l'immédiat.

« L'objectif pour tous les Syriens est de cesser le feu et de se mettre à la table de négociations », a déclaré à ses côtés M. Lavrov.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est pour sa part dit « profondément déçu que les parties en présence ne soient pas parvenues à respecter l'appel à un arrêt des combats ». Exhortant le Conseil de sécurité de l'ONU, les États influents du Moyen-Orient et toutes les parties concernées à « oeuvrer en faveur d'un cessez-le-feu », il a estimé que cette crise ne pourrait « pas se résoudre par les armes et un bain de sang supplémentaire ».

Au moins 32 000 personnes ont été tues depuis le début du conflit, en mars 2011.