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29/10/2012 03:30 EDT | Actualisé 29/12/2012 05:12 EST

L'ancien bras droit du maire de Montréal au coeur d'un système mafieux (témoin)

Le vaste système d'appels d'offres truqués en vigueur pendant plusieurs années dans le milieu de la construction de la région de Montréal impliquait l'ancien numéro 2 de la mairie de la métropole québécoise, a affirmé lundi un témoin participant à une commission d'enquête.

Ancien homme d'affaires, et ex-ami d'un entrepreneur décrit comme un mafieux notoire, Elio Pagliarulo a indiqué que Frank Zampino, qui a été président du comité exécutif de la métropole québécoise de 2002 à 2008, a touché au moins 555.000 dollars de pots-de-vin pour son rôle clé dans la manipulation des marchés publics.

Selon M. Pagliarulo, l'ancien bras droit de Gérald Tremblay, maire depuis 2001, était au centre d'un vaste stratagème de corruption dans l'industrie du bâtiment à Montréal et sa région.

Il s'agissait de gonfler les appels d'offres et de s'assurer que les contrats reviennent à un cartel de chefs d'entreprises d'origine italienne.

Le témoin a expliqué avoir agi comme intermédiaire entre M. Zambino et l'entrepreneur Frank Catania, qui selon lui appartenait au clan du parrain de la mafia sicilienne de Montréal Vito Rizzuto, qui vient de purger une peine de prison aux Etats-Unis pour son rôle dans trois assassinats à New York en 1981.

M. Pagliarulo a souligné qu'il remettait à l'ancien homme fort de la mairie son dû: "Je prenais (l'argent) sur mon compte personnel", a-t-il dit. "Je savais par avance que ces sommes étaient pour M. Zampino".

Le clan mafieux de M. Rizzuto empochait de son côté 5% des contrats truqués et Frank Catania 22%, selon M. Pagliarulo.

En outre, ce dernier a relaté que le fils de Frank Catania, Paolo, s'occupait de soudoyer des fonctionnaires municipaux afin qu'ils ferment les yeux sur les dépassements de coûts.

M. Zambino, ancien bras droit du maire Tremblay, a été arrêté en mai dernier pour malversation dans l'attribution d'un marché public de 300 millions de dollars.

Le maire Gérald Tremblay s'était alors déclaré choqué, tout en continuant à se dissocier des scandales qui secouent Montréal, affirmant n'avoir jamais été au courant de ce qui se tramait au sein de son administration.

sab/jl/sam