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29/10/2012 09:40 EDT | Actualisé 29/12/2012 05:12 EST

Clinton veut convaincre l'Algérie de soutenir l'option militaire au Mali

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a déclaré lundi à Alger avoir eu avec le président Abdelaziz Bouteflika "une discussion approfondie" sur le Sahel, et en particulier le Mali, appelée à se poursuivre avec les partenaires impliqués dans la résolution de cette crise.

Arrivée à l'aube dans la capitale algérienne pour une visite d'une dizaine d'heures, Mme Clinton a rencontré son homologue Mourad Medelci dès sa descente d'avion puis M. Bouteflika en fin de matinée.

"Nous avons eu une discussion approfondie sur la situation dans la région et en particulier sur le Mali", a-t-elle déclaré aux journalistes.

"J'ai beaucoup apprécié l'analyse du président, fondée sur sa longue expérience, concernant les nombreux facteurs complexes inhérents à la sécurité intérieure du Mali, ainsi que sur la menace que le terrorisme et le trafic de drogue font peser sur la région et au-delà", a-t-elle ajouté.

"Nous sommes convenus d'assurer le suivi de ces discussions par le biais de discussions d'experts et nous allons poursuivre ce travail en mode bilatéral et avec les partenaires de la région, en concertation avec l'Union africaine, la Cédéao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest) et les Nations unies pour essayer de trouver des solutions à ces problèmes", a-t-elle ajouté.

Depuis avril, des membres d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), leurs alliés touareg d'Ansar Dine et les jihadistes Mujao imposent la charia dans le nord du Mali et une partition de ce pays qui partage 1.400 km de frontière avec l'Algérie.

De plus, le Sahel est devenu un haut lieu de trafics en tous genres, en particulier d'armements depuis le conflit libyen en 2011.

"L'Algérie étant l'Etat le plus puissant du Sahel, elle est devenue un partenaire crucial pour s'occuper d'Aqmi", expliquait un responsable du département d'Etat à bord de l'avion de Mme Clinton. "L'Algérie doit être au centre de la solution" à la crise malienne, insistait-t-il.

Dotée d'une armée puissante, l'Algérie dispose de renseignements et d'une expertise indéniable en contre-terrorisme pour avoir combattu pendant dix ans le Groupe islamique armé (GIA) dont Aqmi est une émanation, et d'une influence auprès des Touareg pour avoir plusieurs fois facilité des pourparlers entre l'Etat malien et la rébellion.

Tout en privilégiant la négociation, Alger n'exclut plus le principe d'une opération armée, à condition qu'elle soit exclusivement africaine et que ses propres troupes n'y participent pas directement.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté le 12 octobre une résolution préparant le déploiement d'une force internationale de quelque 3.000 hommes au Mali, donnant jusqu'au 26 novembre à la Cédéao pour préciser ses plans.

Selon des experts, l'Algérie redoute une "déstabilisation" de son territoire, où vivent 50.000 Touareg.

Le chef touareg algérien Mahmoud Guemama, député de Tamanrasset, région frontalière du nord malien, a estimé lundi qu'une intervention étrangère dans la région causerait "beaucoup de problèmes" et qu'Alger devait continuer à s'y opposer et "à privilégier le dialogue".

Washington et Paris sont disposés à fournir un appui logistique à l'intervention africaine et s'accordent pour considérer l'Algérie comme "incontournable" dans le règlement de cette crise.

Mais experts et diplomates pensent que Washington a davantage l'oreille d'Alger.

"Au vu de l'étroite collaboration militaire et sécuritaire entre les Etats-Unis et l'Algérie, les Américains pourraient être plus compréhensifs que la France sur cette allergie algérienne face à une intervention militaire étrangère", analysait récemment Gilles Yabi, de l'International Crisis Group (ICG).

Très prudent sur la visite de Mme Clinton, le ministère algérien des Affaires étrangères s'est contenté d'annoncer des entretiens "sur la consolidation du partenariat économique et sécuritaire entre les deux pays ainsi que sur les questions de l'actualité régionale et internationale".

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