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29/10/2012 06:33 EDT | Actualisé 29/12/2012 05:12 EST

Alger sollicitée par les États-Unis pour une intervention au Mali

L'Algérie est sollicitée par Washington afin de participer au règlement du conflit dans le nord du Mali ou des groupes islamistes font la loi depuis plusieurs mois.

La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton s'est rendue à Alger lundi, où elle a rencontré le président Abdelaziz Bouteflika.

En point de presse, Mme Clinton a laconiquement indiqué aux journalistes qu'elle a « eu une discussion approfondie sur la situation dans la région et en particulier sur le Mali ».

L'entourage de Mme Clinton a souligné le rôle « central » de l'Algérie dans le dossier malien et la capacité de son armée en matière de collecte de renseignements.

« L'Algérie étant l'État le plus puissant du Sahel [...] l'Algérie doit être au centre de la solution » à la crise malienne, a insisté un responsable du département d'État.

Malgré ces éloges, les autorités algériennes sont restées muettes à l'issue de la rencontre. Et le président Bouteflika n'a dit ni oui ni non à une intervention militaire au Mali.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté le 12 octobre une résolution préparant le déploiement d'une force internationale de quelque 3000 hommes au Mali, donnant jusqu'au 26 novembre à la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) pour préciser ses plans.

Les États-Unis et la France sont disposés à fournir un appui logistique à cette intervention et considèrent l'Algérie, qui partage 1400 kilomètres de frontière avec le Mali, comme « incontournable » dans le règlement de cette crise.

Mais Alger craint qu'une intervention militaire provoque une « déstabilisation » à l'intérieur de ses frontières, où vivent 50 000 Touaregs.

Dans une entrevue au quotidien El-Khabar, le chef touareg et député Mahmoud Guemama a estimé qu'une intervention militaire étrangère causerait « beaucoup de problèmes ». Selon lui, Alger devrait s'y opposer et « privilégier le dialogue ».

Un ancien diplomate Abdelaziz Rahabi a déclaré au même journal que les Américains veulent que l'Algérie joue un rôle au Mali semblable à celui joué par le Pakistan en Afghanistan.