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28/10/2012 03:57 EDT | Actualisé 27/12/2012 05:12 EST

GP d'Australie - Jorge Lorenzo ou la fougue maîtrisée

L'Espagnol Jorge Lorenzo (Yamaha), sacré pour la deuxième fois champion du monde de MotoGP grâce à sa deuxième place dimanche au Grand Prix d'Australie à Phillip Island, a réussi à maîtriser sa fougue naturelle pour contrôler les ambitions de Honda et de ses deux pilotes officiels, Casey Stoner puis Dani Pedrosa.

Double champion du monde en 250 cc en 2006 et 2007 sur Aprilia, le natif de Palma de Majorque, 25 ans, avait devancé au classement mondial 2010 un coéquipier de légende, l'Italien Valentino Rossi.

Cette fois, il a réussi à ruiner les espoirs de son principal adversaire et compatriote Dani Pedrosa, auteur d'une saison remarquable avec six succès dont cinq lors des six dernières courses précédant Phillip Island. Tentant le tout pour le tout en Australie, Pedrosa devait chuter sans gravité dans le deuxième tour alors qu'il était en tête perdant finalement toute chance d'être enfin sacré dans la catégorie reine.

Lorenzo - victorieux également à six reprises cette année - aura fait preuve d'une grande patience lui permettant de gérer au mieux son capital point dès que la menace Honda s'est faite plus précise.

Dès le deuxième Grand Prix de la saison, à Jerez de la Frontera, il avait appliqué cette tactique avec Casey Stoner, intouchable ce jour là, en se contentant d'une deuxième place. Mêmes causes mêmes effets lors du Grand Prix suivant, au Portugal pour Lorenzo qui, après la course d'ouverture au Qatar renouait avec la victoire au Grand Prix de France, en Catalogne et à Silverstone.

Au Grand Prix des Pays-Bas, à Assen, on assistait au premier tournant de la saison avec une victoire de Stoner qui lui permettait de rejoindre en tête du classement, avec 140 points, Lorenzo qui avait chuté dès le premier virage, fauché par son compatriote Alvaro Bautista (Honda).

Alors que l'on approchait de la deuxième partie de saison, le futur champion du monde allait encaisser ce coup du sort et ne vaincre ensuite que par deux fois, en Italie, au Mugello puis à Misano.

Les autres succès allaient revenir à Stoner - jusqu'à sa chute à Indianapolis et une fracture de la cheville droite qui allait gâcher sa dernière saison annoncée comme telle dès le Grand Prix de France - et Pedrosa, victorieux tout d'abord au Sachsenring, après une chute de Stoner puis à Indianapolis, en république tchèque, en Aragon, au Japon, en Malaisie.

Après les déboires de Lorenzo au Pays-Bas, le Catalan allait connaître une mésaventure similaire à Saint-Marin en se faisant percuter une minute après le départ par Hector Barbera. Ce grave revers, le deuxième tournant de la saison, intervenait alors qu'il n'était qu'à 13 points de Lorenzo au classement général.

Disposant de nouveau de 38 points d'avance après son succès à Misano, Lorenzo collait le plus possible à la roue arrière de Pedrosa lors des trois Grand Prix suivants pour faire fondre doucement son capital sachant qu'il avait toutes les chances mathématiquement de conserver un mince avantage.

"Il reste désormais quatre manches et je ne cours pas en pensant au titre. J'essaie simplement d'éviter de prendre de trop grands risques. Quand je verrai que ce sera possible de gagner, je tenterai le coup et sinon, je tâcherai d'assurer la place. Je crois qu'aujourd'hui, j'ai eu la bonne stratégie", déclarait Lorenzo à l'issue de sa deuxième place en Aragon.

Alors que son début de saison ressemblait à s'y méprendre à celui de 2010, l'année de son premier sacre, Lorenzo aura finalement dû s'économiser et faire avec les moyens du bord.

L'an prochain, il aura une bonne raison de courir avec panache puisque son meilleur ennemi, Valentino Rossi sera de nouveau son coéquipier chez Yamaha. A la différence près que cette fois, ce sera lui le numéro 1.

syd/jgu