NOUVELLES
28/10/2012 03:20 EDT | Actualisé 28/12/2012 05:12 EST

Clinton et Ashton vont pousser les Balkans à l'intégration euro-atlantique

La chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton et son homologue européenne Catherine Ashton pousseront cette semaine les pays des Balkans à s'intégrer à l'UE et à l'Otan, sur fond de dialogue difficile entre la Serbie et le Kosovo et de profondes divisions en Bosnie.

La secrétaire d'Etat quitte Washington dimanche et s'arrête d'abord en Algérie lundi pour parler du Mali.

Elle est attendue ensuite en Bosnie, en Serbie et au Kosovo et sera rejointe par la Haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton.

Mme Clinton, qui était en octobre 2010 dans ces trois Etats nés du démantèlement de l'ex-Yougoslavie dans les années 1990, y fera une nouvelle fois la "démonstration de l'intérêt, de l'engagement et du soutien durables des Etats-Unis pour un avenir européen et euro-atlantique des pays des Balkans", selon le département d'Etat

Elle bouclera seule sa tournée par l'Albanie et la Croatie, membres de l'Otan depuis 2009. Des six anciennes républiques yougoslaves, seule la Slovénie a adhéré à l'UE en 2004 et Zagreb doit en devenir le 28e membre en juillet 2013.

La Croatie est d'ailleurs porteuse d'"un message pour toute la région", a souligné un responsable du département d'Etat. "Oui, c'est difficile. Oui, les réformes sont dures. Oui, la route est longue jusqu'à l'adhésion à l'UE. Mais si vous faites les choses correctement, vous franchirez la ligne d'arrivée", a-t-il plaidé à l'adresse des autres pays des Balkans.

Premiers visés, la Serbie et le Kosovo.

Leur dialogue, entamé en mars 2011 sous l'égide de l'UE, a été suspendu au moment des élections serbes de mai dernier remportées par les nationalistes. Les Premiers ministres serbe et kosovar, Ivica Dacic et Hashim Thaci, viennent toutefois de se rencontrer à Bruxelles avec Mme Ashton.

L'UE et Washington somment Belgrade de reprendre formellement langue avec Pristina afin de poursuivre leur rapprochement euro-atlantique et obtenir une date, peut-être en décembre, pour commencer à négocier leurs adhésions.

Les Serbes répondent qu'ils veulent bien reparler aux Kosovars, mais rappellent que le Kosovo reste pour eux une province méridionale à l'indépendance inacceptable.

"La Serbie est prête à faire beaucoup de concessions pour régler la question du Kosovo (mais) s'attend à une attitude similaire" des Kosovars albanais, a prévenu le président serbe Tomislav Nikolic. Son ministre des Affaires étrangères Ivan Mrkic espère que la visite de Mme Clinton "accélèrera la marche de la Serbie vers l'UE".

La majorité albanaise kosovare a proclamé l'indépendance du Kosovo en 2008, dix ans après un conflit entre la guérilla kosovare et les forces serbes auquel l'Otan avait mis fin en 1999.

Bill Clinton était alors président des Etats-Unis. Une statue à son effigie se dresse à Pristina sur un boulevard qui porte son nom et le Premier ministre adjoint kosovar Hajredin Kuci a assuré que le couple Clinton "était parmi les personnalités les plus adorées" au Kosovo.

Quant à la Bosnie, le pays est plus divisé que jamais.

Mmes Clinton et Ashton insisteront sur "l'engagement immuable de la communauté internationale pour l'accord de paix de Dayton" qui avait mis un terme à la guerre en 1995 et mis sur pied une entité serbe et une autre croato-musulmane réunies sous un faible Etat central. Les Serbes de Bosnie parlent même de négocier séparément leur rapprochement avec l'UE.

"Nous sommes déçus par les dirigeants de Bosnie", a critiqué le diplomate américain, plaidant pour "une adhésion à l'UE et à l'Otan" à condition de "ne pas remettre en cause Dayton et les institutions centrales". Même avertissement lancé mercredi à Sarajevo par le chef de la diplomatie britannique William Hague pour qui "la Bosnie ne pourra être membre de l'UE qu'en tant que pays uni et souverain".

Zlatko Lagumdzija, ministre bosnien des Affaires étrangères, espère que Mmes Clinton et Ashton apporteront leur "soutien à l'adhésion à l'UE et à l'Otan.

nr-cn/mra