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27/10/2012 09:15 EDT | Actualisé 27/12/2012 05:12 EST

Téhéran juge "irrationnelles" les conditions des députés européens à leur visite

Un parlementaire iranien a condamné samedi les conditions "irrationnelles" posées par des députés européens, qui ont annulé une visite à Téhéran en raison du refus des autorités de leur laisser rencontrer deux prisonniers d'opinion lauréats du prix Sakharov 2012.

"Malheureusement, le Parlement européen en posant des demandes irrationnelles et inhabituelles a créé des obstacles au voyage" a déclaré Kazem Jalali, président de la commission parlementaire en charge des relations avec le Parlement européen, selon le site internet du Parlement iranien.

"Il est inacceptable et irrationnel de conditionner le voyage à la prétendue remise d'un prix à (des individus) condamnés par la justice, et d'en faire un moyen de propagande politique" a-t-il affirmé.

"En prenant cette décision irréfléchie, le Parlement européen s'est lui-même privé du voyage, et il est responsable des répercussions" de cette annulation, a-t-il ajouté.

Une délégation de cinq eurodéputés a annulé sa visite à Téhéran samedi en raison du refus des autorités d'autoriser une rencontre avec les deux lauréats iraniens du prix Sakharov 2012, le cinéaste Jafar Panahi et l'avocate Nasrin Sotoudeh, condamnés à de lourdes peines dans leur pays.

Ce prix est décerné chaque année par le Parlement européen pour récompenser un défenseur des droits de l'Homme et de la démocratie.

"Les cinq eurodéputés étaient sur le point de décoller pour Téhéran quand la chef de la délégation Tarja Cronberg a reçu un coup de fil de l'ambassadeur iranien auprès de l'Union européenne, disant qu'ils ne seraient pas autorisés à rencontrer les deux lauréats du prix Sakharov", a indiqué une source au Parlement européen à Bruxelles.

La délégation devait se rendre du 27 octobre au 2 novembre à Téhéran pour une visite controversée organisée dans le cadre des échanges avec le Parlement iranien.

Le président du Parlement européen, Martin Schulz avait indiqué vendredi que la délégation chercherait à rencontrer les lauréats du prix Sakharov. Si elle en était empêchée, "elle rentrera sur le champ", avait-il affirmé.

L'Union européenne, à l'instar des Etats-Unis, a mis en place depuis deux ans des sanctions de plus en plus sévères contre l'Iran, soupçonné de chercher à se doter de l'arme atomique.

La dernière visite d'une délégation du Parlement européen en Iran remonte à 2007.

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