NOUVELLES
27/10/2012 05:55 EDT | Actualisé 27/12/2012 05:12 EST

L'armée syrienne bombarde une banlieue de Damas au deuxième jour de la trêve

BEYROUTH - Les avions de l'armée syrienne ont bombardé un édifice de la banlieue de Damas samedi, tuant au moins huit personnes, le premier bombardement depuis l'entrée en vigueur de la trêve en Syrie, ont annoncé des militants de l'opposition.

Le bombardement est survenu au lendemain d'attentats à la voiture piégée et d'affrontements qui ont fait 151 morts, d'après les décomptes de militants, alors que la trêve de quatre jours devait entrer en vigueur à l'occasion de la fête musulmane de l'Aïd al-Adha.

Selon l'Obervatoire syrien des droits de l'homme, huit personnes ont été tuées et plusieurs autres ont été blessées dans le bombardement de samedi à Arbeen, près de la capitale. La zone a aussi été le théâtre de violents affrontements et d'intenses tirs d'artillerie lourde.

Dans la ville de Deir el-Zour, dans l'est du pays, des combattants ont fait exploser une bombe dans une voiture située près d'un bureau de police, avant d'ouvrir le feu sur les personnes qui prenaient la fuite. Huit personnes ont trouvé la mort et des dégâts importants ont été causés, d'après l'Observatoire.

Personne n'a revendiqué la responsabilité de l'attaque, mais elle s'apparente à d'autres attentats menés par le passé par un groupe islamiste qui se bat aux côtés des rebelles, Jabhat al-Nusra, qui a rejeté le cessez-le-feu dès le départ.

Samedi à la tombée de la nuit, au moins 49 personnes avaient été tuées à travers le pays, dont 16 soldats, d'après des militants.

L'Observatoire a également annoncé qu'au moins 30 rebelles et combattants kurdes avaient été tués dans les combats qui ont éclaté vendredi dans un quartier kurde d'Alep. Un responsable kurde a déclaré que 10 Kurdes avaient été tués, sans pouvoir fournir de bilan pour les rebelles.

Les rebelles ont fait des avancées jeudi dans des quartiers kurdes et chrétiens d'Alep qui sont restés relativement calmes depuis le début du soulèvement.

Les Kurdes affirment que les rebelles opposés au régime de Bachar el-Assad avaient promis de rester loin de leurs quartiers et les accusent d'avoir violé cet accord en s'introduisant dans le quartier Ashrafieh.

«Des désaccords entre nos frères de l'Armée syrienne libre et les Unités de la défense populaire kurde» ont provoqué cet accrochage sanglant, a expliqué Mohieddine Cheikh Ali, un dirigeant du parti kurde Yekiti.

Selon lui, 100 000 Kurdes vivent dans les quartiers Ashrafieh et Cheikh Maksoud, à proximité. Il a précisé que des dizaines de milliers d'Arabes avaient aussi trouvé refuge dans ces quartiers pour échapper aux combats qui se déroulent ailleurs dans la ville depuis trois mois.

L'Observatoire a rapporté que les affrontements avaient provoqué une vague d'enlèvements entre les deux groupes, sans donner plus de détails. Des sites de nouvelles pro-gouvernementaux ont aussi rapporté les affrontements entre Kurdes et rebelles à Alep.

Les Kurdes, qui comptent pour 10 à 15 pour cent des 23 millions de Syriens, représentent la plus importante minorité du pays.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme et les Comités locaux de coordination, une autre organisation de l'opposition, ont aussi rapporté des affrontements samedi à Alep et à Deraa, dans le sud du pays.

L'émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe en Syrie, Lakhdar Brahimi, avait négocié un cessez-le-feu de quatre jours en Syrie pour la fête musulmane de l'Aïd al-Adha, qui commençait vendredi.

«La trêve s'est effondrée moins de trois heures après être entrée en vigueur», a déclaré le directeur de l'Observatoire, Rami Abdul-Rahman.