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27/10/2012 12:19 EDT | Actualisé 27/12/2012 05:12 EST

Des Marseillais manifestent contre les expulsions de Roms

MARSEILLE, France - Un rassemblement de solidarité avec les Roms a réuni samedi quelques centaines de personnes à Marseille, dans le sud de la France. La manifestation était organisée par un collectif d'associations, de syndicats et de partis politiques pour protester contre les démantèlements de camps de Roms à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône.

Dernier exemple en date: un tribunal de Marseille a ordonné mercredi l'expulsion d'une soixantaine de Roms installés depuis plusieurs mois au bord de deux bretelles d'autoroute qui desservent la ville.

«Je suis arrivée il y a un mois en France, j'ai été dégagée sept fois par la police. On ne peut jamais rester plus de deux nuits au même endroit. Hier soir, mes enfants ont dormi presque sous la pluie, mais je refuse de faire la mendicité», a confié Lucia, une Roumaine mariée à un Rom.

Le 28 septembre, des citoyens ont eux-mêmes contraint des familles roms à quitter leur installation dans les quartiers nord de Marseille, incendiant ensuite une partie de leurs effets personnels. Cet épisode inédit a suscité une vive polémique et conduit les organisations de soutien aux Roms à convoquer une manifestation.

À Marseille, la situation des Roms crée des tensions et des polémiques.

«On estime qu'il y a environ 1500 Roms dans les Bouches-du-Rhône», provenant essentiellement de Roumanie et de Bulgarie, a indiqué Jean-Marc Coppola, vice-président Front de gauche du conseil régional. Selon les associations, plusieurs centaines d'entre eux ont fait l'objet d'avis d'expulsion depuis l'été dernier.

«Le climat est très crispé. On assiste à des manifestations de citoyens contre la présence des Roms. Les gens ont des raisons d'être en colère, mais ils ne doivent pas se retourner contre plus pauvres qu'eux. On ne peut pas tolérer cette violence qui commence à faire tache d'huile», a déploré Caroline Godart, de l'association Rencontres tsiganes.

Investi dans le collectif de solidarité, Jean-Marc Coppola souligne que «ce n'est pas en stigmatisant et en rejetant l'autre parce qu'il est différent que l'État fera reculer la pauvreté, le chômage, le mal-logement, l'échec scolaire, les violences, les trafics...»

«Il existe des solutions pour insérer les Roms», estime M. Coppola. Il cite en exemple la municipalité de Gardanne, entre Marseille et Aix-en-Provence, «qui a installé onze familles sur un ancien site minier, équipé de services sanitaires et de groupes électrogènes».

Présent à la manifestation, le maire de Gardanne, Roger Meï, a ainsi justifié son action: «On agit tout simplement sur la base de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen».