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27/10/2012 07:08 EDT | Actualisé 27/12/2012 05:12 EST

Bombardements de l'armée et attentat en Syrie, la trêve enterrée

Des rebelles ont qualifié d'"échec" la trêve négociée par le médiateur Lakhdar Brahimi en Syrie où un attentat a eu lieu samedi, les violences ayant fait plus de 150 morts depuis l'entrée en vigueur de la trêve la veille.

Si rebelles et armée s'étaient engagés à cesser les hostilités durant les quatre jours de l'Aïd al-Adha, la fête musulmane du sacrifice qui a débuté vendredi, ils avaient prévenu qu'ils se réservaient un droit de riposte en cas de violation du cessez-le-feu par la partie adverse.

De fait, bombardements et combats ont repris, faisant encore huit morts samedi selon une ONG, et l'aviation du régime a de nouveau survolé Alep et Damas, chaque camp faisant porter à l'autre la responsabilité de la rupture de la trêve.

Un commandant rebelle a ainsi qualifié la trêve de "mensonge", évoquant une reprise des hostilités.

"Comment un régime criminel peut-il respecter une trêve? C'est un échec de Brahimi, cette initiative est mort-née", a déclaré à l'AFP par téléphone le colonel Abdel Jabbar al-Oqaidi, chef du conseil militaire rebelle d'Alep (nord).

Il a réaffirmé que la mission des rebelles était "de défendre le peuple", tout en affirmant: "Ce n'est pas nous qui attaquons".

De son côté, l'armée a annoncé vendredi soir avoir riposté après des attaques rebelles.

"Des groupes terroristes armés ont attaqué des positions militaires (...). Nos valeureuses forces armées sont en train de répondre à ces violations", indique un communiqué lu à la télévision d'Etat.

Dans la terminologie des autorités syriennes, le mot "terroristes" désigne les rebelles.

Les violences avaient repris quelques heures après l'entrée en vigueur de la trêve dans le pays en proie depuis plus de 19 mois à une révolte devenue conflit armé, et avaient fait vendredi au moins 146 morts, dont 53 civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Cette ONG, qui s'appuie sur un réseau de militants et de sources médicales à travers le pays, fournit depuis plusieurs mois des bilans similaires, dépassant quotidiennement la centaine de morts.

Samedi, au lendemain de deux attentats à la voiture piégée qui avaient fait huit morts à Damas et à Deraa (sud) selon l'OSDH, une nouvelle attaque a eu lieu à Deir Ezzor (est).

Cinq civils ont péri dans l'explosion samedi matin d'une voiture piégée sur l'artère principale de la ville, a rapporté l'OSDH, tandis que la télévision d'Etat évoquait un acte "terroriste" devant une église, sans faire état de victime.

Selon la chaîne, "les bandes terroristes armées" ont fait "exploser une voiture piégée devant l'église syriaque de Deir Ezzor.

Les rebelles ont d'après elle "une nouvelle fois violé la trêve".

Si l'Armée syrienne libre (ASL), principale faction de l'opposition armée, s'était engagée à respecter le cessez-le-feu, le front islamiste al-Nosra, qui a revendiqué la plupart des attentats ces derniers mois en Syrie, l'avait catégoriquement rejeté.

Une première trêve négociée en avril par Kofi Annan, le prédécesseur de M. Brahimi, qui avait déjà volé en éclats au bout de quelques heures.

Pour la première fois depuis le début de la trêve théorique, les avions militaires du régime, responsables de raids meurtriers au cours des derniers mois, ont survolé samedi la région d'Alep. Selon une correspondante de l'AFP, l'aviation syrienne a également sillonné le ciel au-dessus de Damas en début d'après-midi.

A travers le pays, huit personnes, dont un enfant, ont péri, selon un premier bilan de l'OSDH.

Un homme a été abattu par un tireur embusqué et un enfant a été tué par des tirs de l'armée dans la province de Deraa. Dans la province de Damas, quatre civils ont été tués dans des bombardements et par des tireurs embusqués. Et deux soldats ont péri lors de combats dans la ville voisine de Harasta.

En 19 mois, le soulèvement contre le régime du Bachar al-Assad a fait plus de 35.000 morts selon l'OSDH.

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