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26/10/2012 04:38 EDT | Actualisé 26/12/2012 05:12 EST

Vogelsong a traversé plusieurs obstacles avant de lancer en Série mondiale

SAN FRANCISCO - Vêtu de son bel uniforme blanc cassé des Giants de San Francisco, Ryan Vogelsong était là, debout sur le gazon fraîchement coupé du AT&T Park, et il répondait en anglais aux questions d'un journaliste japonais de la chaîne NHK. Pas besoin d'interprète.

Le tableau indicateur en arrière-plan disait tout: Série mondiale.

Après avoir parcouru la moitié de la planète, l'histoire de Vogelsong est finalement prête à faire le tour du monde. Le droitier réputé pour sa ténacité entreprendra le match no 3 samedi soir à Detroit et sera confronté à Anibal Sanchez. Il pourrait alors rapprocher les Giants à une seule victoire d'un autre championnat et pourrait boucler du même coup une retour qui semblait plus qu'improbable.

«Beaucoup de confiance. Et beaucoup de travail acharné», a répondu Vogelsong, qui sera au monticule alors que les Giants ont les devants 2-0 dans la série au meilleur des sept matchs. «Il faut aussi être chanceux à l'occasion pour que les opportunités se présentent d'elles-mêmes.»

Car pendant de nombreuses années, elles ne se sont jamais présentées.

Vogelsong a été repêché en cinquième ronde par les Giants en 1998 et est devenu la pièce maîtresse d'une transaction qui a permis à la formation californienne d'obtenir l'as Jason Schmidt des Pirates de Pittsburgh en 2001. L'espoir a par la suite subi une opération de type Tommy John, a échoué dans les Ligues majeures, a été chassé des rangs mineurs, a connu des résultats mitigés au Japon, a de nouveau éprouvé des ennuis avec les clubs-écoles des Phillies de Philadelphie et des Angels de Los Angeles avant de réaliser que sa carrière était peut-être terminée, à l'âge de 33 ans.

Une dernière chance s'est présentée à lui l'an dernier, et elle venait d'un club inattendu: les Giants, champions en titre de la Série mondiale.

Vogelsong, désormais âgé de 35 ans, n'a pas obtenu son poste au sein du club durant le camp d'entraînement. Il a accepté les voyages en autobus et les nuits passées dans des motels miteux avec le club-école AAA de Fresno, une décision qui fut difficile pour sa femme, Nicole, et son fils, Ryder, alors âgé de 20 mois seulement.

Mais tandis que Vogelsong était assis dans les gradins à compter les lancers lors d'un match à Las Vegas, son gérant lui a demandé son numéro de téléphone cellulaire. Le nom de Barry Zito venait d'être placé sur la liste des blessés en raison d'une élongation musculaire au pied droit et les Giants étaient à la recherche d'un remplaçant.

Peu de temps avant d'embarquer dans l'autobus, son téléphone s'est mis à sonner. Le vice-président des Giants Bobby Evans était à l'autre bout de la ligne et allait offrir à Vogelsong une opportunité qui allait éventuellement déboucher sur la Série mondiale: un poste dans les Ligues majeures afin d'effectuer un départ d'urgence pour les Giants contre — qui d'autres? — les Pirates.

Il a limité les Pirates à quatre coups sûrs et deux points en cinq manches et deux tiers, enregistrant ainsi sa première victoire dans les Ligues majeures en près de cinq ans.

«Je crois simplement que Dieu avait un plan pour moi depuis tout ce temps, a dit timidement Vogelsong. Je crois que toutes les épreuves qui se sont dressées devant moi — aller au Japon et lancer dans les ligues hivernales à 33 ans, et revenir ici l'an dernier, c'est le genre de choses qu'Il avait organisé afin de me préparer pour ce moment.»

Ainsi, après des victoires de 8-3 et 2-0 lors des deux premiers matchs de la Série mondiale, Vogelsong pourrait permettre aux Giants de précipiter la fin des hostilités.

Il a même mérité l'opportunité de devenir le plus récent lanceur des Giants à menotter le récipiendaire de la triple couronne Miguel Cabrera, le frappeur de puissance Prince Fielder et leurs menaçants coéquipiers des Tigers.

«C'est merveilleux d'être ici, après tout ce que j'ai vécu, bien que je doive effectuer le prochain départ, a poursuivi Vogelsong. Les deux derniers départs ne signifient plus rien. Il faut maintenant penser au match de samedi.»