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26/10/2012 01:37 EDT | Actualisé 26/12/2012 05:12 EST

Pékin censure un article du New York Times mettant en cause le premier ministre

PÉKIN, Chine - Le gouvernement chinois accuse le «New York Times» de vouloir «salir» la Chine et censure l'accès sur Internet à un article qui accuse la famille du premier ministre chinois Wen Jiabao d'avoir amassé une fortune de 2,7 milliards $ US depuis son accession aux plus hautes fonctions, en 1998.

Cet article «salit la Chine et répond à des arrières-pensées», a affirmé le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hong Lei, lors d'un point de presse vendredi. Il a refusé d'en dire plus.

Wen Jiabao, âgé de 70 ans, devrait quitter ses fonctions au printemps 2013, mais les allégations du «New York Times» risquent d'entacher son image d'homme politique soucieux d'améliorer la vie des Chinois et de combattre la corruption et autres clientélismes.

L'enquête du journal américain est publiée à quelques jours du début du Congrès du Parti communiste chinois le 8 novembre, qui doit promouvoir une nouvelle génération de dirigeants.

Le «New York Times» insiste sur le fait que rien ne prouve l'implication volontaire de Wen Jiabao dans l'enrichissement de sa femme, de ses enfants, de ses frères et soeurs ou de sa belle-famille, même si la plupart des investissements ont prospéré grâce à des décisions de politique économique du pouvoir central, voire au soutien financier d'entreprises d'État ou à des contrats publics.

Le quotidien, qui se fonde sur des documents officiels portant sur la période 1992-2012 et qui a aussi fait appel à des vérificateurs financiers, décrit toute une nébuleuse de sociétés et prises de participation indirectes, y compris des entités enregistrées à l'étranger, suggérant que la famille du premier ministre a tenté de brouiller les pistes.

Le «New York Times» affirme que la famille de M. Wen a investi dans les banques, la joaillerie, le tourisme, les télécommunications, les infrastructures et les assurances.

En 2007, les partenariats contrôlés par des proches du premier ministre dans la société d'assurance Ping An représentaient jusqu'à 2,2 milliards$ US. La mère du premier ministre, Yang Zhiyun, 90 ans, posséderait 120 millions $ US d'investissements.

Sa femme Zhang Beili, une femme d'affaires spécialiste des pierres précieuses qui a dirigé plusieurs sociétés privatisées par la suite, aurait bénéficié, selon d'anciens partenaires commerciaux ayant exigé l'anonymat de peur de représailles, du soutien financier d'hommes d'affaires soucieux de s'attirer les bonnes grâces du pouvoir.

La parution de l'article du «New York Times» coïncide avec l'épilogue politique de l'affaire Bo Xilai, étoile montante du Parti communiste chinois tombée en disgrâce. Il a été exclu du Parlement vendredi et pourra être jugé pour corruption et autres charges, dont certaines liées à l'assassinat d'un homme d'affaires britannique, pour lequel son épouse, Gu Kailai, a été condamnée à mort avec sursis.