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26/10/2012 02:26 EDT | Actualisé 25/12/2012 05:12 EST

Manifestations en Syrie au premier jour de la trêve (militants)

Des manifestations hostiles au régime de Bachar al-Assad ont eu lieu vendredi matin à travers la Syrie, à la sortie des mosquées, au premier jour de la trêve initiée par l'émissaire international de l'ONU pour la fête musulmane de l'Aïd al-Adha, selon une ONG et des militants.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), des manifestations ont eu lieu à Raqa, dans le nord-est du pays, où les forces de sécurité ont tiré des grenades lacrymogènes, et dans la province méridionale de Deraa, notamment à Inkhel, où trois personnes ont été blessées par balles.

Des rassemblements ont également eu lieu dans les quartiers de Jobar, de Hajar al-Aswad et de Qaboun à Damas, dans la province de Hama (centre) ainsi qu'à Alep (nord) et dans sa région.

Selon des militants, des manifestations ont également eu lieu à Deir Ezzor (est) et dans la province septentrionale d'Idleb, où des personnes rassemblées dans le village d'al-Habit ont scandé à l'adresse du président Assad: "Traître, lâche, tu as détruit la Syrie".

Sur la page Facebook "Syrian revolution 2011", qui fut le moteur de la mobilisation au début de la contestation au printemps 2011, un militant a écrit: "La trêve est une chance pour manifester massivement".

Toujours dans la région de Deraa, une vidéo a montré une centaine de manifestants chantant sur une place à Daël. Une femme en noir se tape la tête avec les mains en criant "Amenez-moi à la tombe de Chadi! Où est mon fils?". Pour l'Aïd, les Syriens se rendent habituellement sur les tombes de leurs proches défunts.

Contacté par téléphone en Turquie, le général Moustapha al-Cheikh, chef du commandement militaire supérieur de l'Armée syrienne libre (ASL) a fait état de tirs contre des manifestants dans plusieurs régions.

"Empêcher les manifestations en ouvrant le feu est une violation de la trêve. Mais faisons preuve de plus de retenue que le régime car pour le moment nous voulons donner une chance à la trêve", a-t-il dit à l'AFP.

Selon la loi syrienne, toute manifestation doit obtenir un accord préalable des autorités qui peuvent sinon la disperser.

"Si le peuple était convaincu que le régime allait vraiment respecter le cessez-le feu, il sortirait en masse dans les rues", a-t-il ajouté en réitérant son refus de toute discussion avec les autorités. "Il n'y aura pas de dialogue avec ce régime criminel. Nous voulons sa chute", a-t-il dit.

L'armée a annoncé jeudi soir qu'elle suspendrait ses opérations militaires pour l'Aïd, mais qu'elle répondrait "si les groupes terroristes armés continuent à tirer sur les civils et les forces gouvernementales (...) ou à utiliser des voitures piégées et des bombes". Le régime assimile rebelles et opposants à des "terroristes".

De leur côté, les insurgés se sont engagés à faire taire leurs armes "si l'armée syrienne en fait autant".

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