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26/10/2012 02:23 EDT | Actualisé 25/12/2012 05:12 EST

«L'UCI aurait dû savoir» - Richard Pound

Richard Pound n'est pas tendre envers l'Union cycliste internationale (UCI). Selon lui, elle a trop tardé à réagir aux soupçons de dopage de l'Américain Lance Armstrong.

« L'UCI savait ou aurait dû savoir, lance l'avocat montréalais à Radio-Canada Sports. Il faut présumer que les dirigeants connaissent le sport. C'était impossible à mon avis d'être ignorant de tout ce qu'on a fait. »

Mais pourquoi avoir fermé les yeux sur les soupçons dont faisait l'objet le cycliste américain?

« C'est cela qu'il faut trouver », répond M. Pound.

La directrice du laboratoire contre le dopage de l'Intitut national de recherche scientifique, Christiane Ayotte, avait avancé lundi une hypothèse à l'antenne de RDI.

« Lance Armstrong et Tyler Hamilton, c'était la porte ouverte au marché américain, a-t-elle expliqué. Cette compagnie vend un cirque, un spectacle. C'est difficile de mordre la main qui est responsable du renouveau. »

Dès 1988, le Tour de France décide de se moderniser, avec la signature de contrats avec de nouveaux diffuseurs et des commanditaires ciblés qui deviennent des partenaires commerciaux. La Société du Tour de France devient en 1993, une filiale d'Amaury Sport Organisation (ASO), et triple son budget entre 1988 et 2003.

Certains coureurs axent alors leur saison sur le Tour de France et délaissent d'autres compétitions majeures du calendrier. L'Américain Greg LeMond démarre cette tendance, imité par Miguel Indurain puis par Lance Armstrong, dont les succès assurent la mondialisation du Tour.

L'affaire Festina en 1998 ébranle la poussée commerciale de la Grande Boucle. Elle révèle l'ampleur du dopage, qui se transforme d'un dopage artisanal à un dopage industriel, avec comme produit vedette l'EPO.

Quand il était à la tête de l'AMA, entre 1997 et 2007, Richard Pound a été témoin de la transformation du Tour de France. Il a même écrit à l'UCI pour lui offrir des solutions pour améliorer les contrôles antidopage. Quelle réponse a-t-il obtenue?

« Rien, lance M. Pound avec un sourire. Non. Et on n'a pas changé les méthodes. »

Lors de l'enquête de l'Agence américaine antidopage (USADA) sur l'Américain, l'UCI a admis avoir reçu un don de 125 000 $ de Lance Armstrong pour la lutte antidopage.

« Le conflit d'intérêts, quant à moi, c'est impensable, affirme Pound. Prendre un don d'un athlète qui est... suspecté. Non, C'est impensable. »

Quant à savoir si Richard Pound accepterait de prendre la direction de l'UCI, il s'est contenté de sourire. Mais n'a pas dit non...

L'intégralité de l'entretien de Richard Pound sera diffusée dans l'émission Culture physique, dimanche, à la Première chaîne de Radio-Canada.