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26/10/2012 05:50 EDT | Actualisé 26/12/2012 05:12 EST

Laure Manaudou, une icône et le symbole de la réussite française

Championne olympique à 17 ans, Laure Manaudou restera à jamais l'icône de la natation française, ouvrant les voies de la réussite sportive et économique pour les Bleus, qu'elle s'apprête à abandonner définitivement après pratiquement dix ans au plus haut niveau.

Plus qu'une championne, Laure Manaudou, 26 ans, est une star, et pas seulement autour des bassins. Elle a décomplexé la natation française, dont elle a été longtemps la seule représentante au plus haut niveau avant de faire des émules. Dans son sillage se sont engouffrés Alain Bernard, champion olympique 2008, Yannick Agnel et Camille Muffat, champions olympiques 2012, Camille Lacourt, champion du monde 2011.

Et enfin, Florent Manaudou, son frère cadet, qui a marché fièrement sur ses traces en enlevant le titre olympique sur 50 m à Londres, et qui est en passe de devenir la nouvelle coqueluche des Français.

Laure Manaudou a été une pionnière et un modèle. Et le restera à jamais. Elle est l'une des très rares sportives françaises à faire la Une de magazines en tout genre.

Tout a commencé alors qu'elle n'avait que 13 ans. Un entraîneur, Philippe Lucas, remarque la jeune fille d'Ambérieu-en-Bugey (Ain). Il rencontre ses parents et leur fait une promesse: celle d'en faire une championne olympique.

Laure Manaudou quitte le cocon familial pour s'installer à Melun (Seine-et-Marne) sous la coupe de Lucas, qui lui impose un entraînement démentiel: 18 km par jour dans l'eau!

Orgueilleuse et affamée de victoires, elle encaisse et le 15 août 2004, elle vit un conte de fée.

En remportant le titre du 400 m nage libre, la jeune fille d'Ambérieu devient la première championne olympique française et apporte à la natation française la deuxième médaille d'or olympique de son histoire, 52 ans après Jean Boiteux à Helsinki, sur la même distance.

A peine sortie de l'adolescence, elle est déjà une star. Une extraordinaire carrière commence.

Jusqu'en 2007, où elle rafle deux titres aux mondiaux de Melbourne, Manaudou va surfer sur la vague du succès, accumulant médailles, records, mais aussi contrats mirobolants de sponsoring ou de publicité.

Elle devient l'égérie d'une marque de luxe et un homme d'affaires français devient son mécène à hauteur de 1 million d'euros par an.

Mais les austères séances d'entraînement sont devenues trop difficiles à supporter pour la championne qui a aussi envie de vivre sa vie de femme. Elle sature et sur un coup de tête, en avril 2007, elle part s'installer à Turin, en Italie, pour rejoindre le nageur Luca Marin, qu'elle présente comme l'amour de sa vie. Cela n'aura été qu'une illusion et elle rentre en France au cours de l'été 2007, déprimée.

L'envie de nager n'est plus là. Aux JO-2008, ce sera le fiasco (0 médaille). A son retour de Pékin, elle s'installe à Marseille, où elle redécouvre l'amour avec le nageur Frédérick Bousquet.

En septembre 2009, elle annonce sa retraite pour mieux se consacrer à sa famille. Le 2 avril 2010, elle donne naissance à Manon et part s'installer aux Etats-Unis, à Auburn (Alabama), avec Bousquet.

En septembre 2010, elle renoue avec l'entraînement de haut niveau et en juillet 2011 c'est le retour en compétition avec un double objectif: le plaisir de nager et participer à ses troisièmes JO avec son frère Florent, un rêve fait en 2004.

Laure Manaudou réussit à se qualifier lors des sélections olympiques en mars mais ensuite, elle peine à se remettre au travail. Le coeur n'y est plus, notamment parce que Frédérick Bousquet a échoué à composter son ticket pour Londres.

Aux JO-2012, elle ne passe pas le cap des séries mais elle s'en satisfait très bien. Et elle est comblée par la médaille d'or décrochée par son frère.

Installée définitivement à Marseille depuis juin, elle est restée très discrète sur la suite de sa carrière. Jusqu'à ce 26 octobre.

La championne d'exception va désormais se consacrer pleinement à son rôle de maman et probablement intégrer une société comme Topsec (distributeurs de maillots et lunettes), avec laquelle elle a signé en juin un contrat incluant une clause de reconversion professionnelle.

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