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26/10/2012 08:08 EDT | Actualisé 26/12/2012 05:12 EST

La Chine adopte une loi pour limiter les internements abusifs en psychiatrie

PÉKIN, Chine - La Chine a adopté vendredi une loi très attendue sur la santé mentale qui vise à empêcher que des gens soient internés contre leur volonté ou traités sans raison dans des structures psychiatriques, une pratique abusive utilisée contre les opposants au régime de Pékin.

Pour la première fois, la loi prévoit que les examens de santé mentale et le traitement soient pratiqués sur la base du volontariat, à moins que la personne ne représente un danger pour elle-même ou pour les autres. Seuls les psychiatres disposent de l'autorité d'obliger des patients à suivre un traitement en hôpital, et ceux-ci peuvent être obligatoires pour les personnes souffrant de troubles mentaux graves.

Si la police peut toujours envoyer une personne se soumettre à des examens, la loi permet à ceux qui estiment être envoyés en structure psychiatrique inutilement de faire appel.

Le débat faisait rage depuis plusieurs années en raison du manque de soins psychiatriques criant, un besoin croissant à cause du stress moderne dans une société chinoise en pleine mutation, mais également à cause des nombreux abus des autorités et des particuliers.

«Cette loi protégera les droits des patients malades et empêchera ceux qui n'ont pas besoin de traitements d'en subir», a souligné le docteur Liu Xiehe, un psychiatre de 85 ans, installé à Chengdu, au sud-ouest du pays, et qui a participé à la première version de la loi, élaborée en 1985.

«Notre loi sur la santé mentale correspond aux standards internationaux et montre que le gouvernement se préoccupe des évolutions en matière de santé mentale et la protection des droits individuels sur ce sujet», s'est-il félicité lors d'un entretien téléphonique avec l'agence de presse Associated Press.

«Je pense honnêtement que c'est le début d'une nouvelle trajectoire», a lancé le docteur Michael Philips, un psychiatre canadien qui a travaillé en Chine pendant près de 30 ans et qui dirige aujourd'hui un centre de recherche sur le suicide à Shangaï. Selon lui, au moins 80 pour cent des patients sont internés contre leur volonté. Le large spectre de la loi, qui encadre le traitement, la prévention et l'admission, la rend «révolutionnaire» à son avis.