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26/10/2012 05:25 EDT | Actualisé 26/12/2012 05:12 EST

Hamelin plus redoutable à Sotchi

Charles Hamelin a pris un coup de vieux le week-end dernier à la Coupe du monde de Calgary. Pas que le patineur de vitesse ait franchi le cap de la trentaine, mais son 50e podium individuel en Coupe du monde lui a fait réaliser que le temps filait.

Un texte de Manon Gilbert

C'est en gagnant le bronze au 1500 m que Hamelin a atteint ce plateau respectable. Le lendemain, il ajoutait une médaille d'argent au 1000 m.

« Je ne savais pas, je n'avais pas fait le calcul. Quand on me l'a dit, ça m'a fait un choc, j'étais impressionné. Maintenant, je sais que je suis rendu à 51, et je pense que je vais continuer à compter jusqu'à la fin de ma carrière pour savoir jusqu'où je vais me rendre parce que c'est un gros chiffre », a déclaré le vétéran de 28 ans qui a dominé sa vague de qualifications au 500 m vendredi.

Membre de l'équipe nationale depuis dix ans, Hamelin n'en a plus pour très longtemps à compter. Le patineur de Sainte-Julie n'entamera pas un autre cycle olympique après les Jeux de Sotchi. De là à dire qu'il accrochera ses patins tout de suite après les Jeux, c'est un pas qu'il n'est pas encore prêt à franchir.

Le champion olympique du 500 m et du relais sent donc une certaine urgence d'accumuler les bons résultats, à commencer par ce week-end à la Coupe du monde de Montréal où seules des médailles d'or pourraient le combler à la maison, devant les siens.

Hamelin cherchera donc à éviter les petites erreurs comme la semaine dernière à Calgary. Troisième derrière deux Sud-Coréens dans le 1500 m, Hamelin a hésité légèrement durant son dépassement. Au lieu de prendre la tête, il s'est retrouvé en sandwich entre les deux hommes en jaune et bleu.

« J'aurais dû pousser plus pour me retrouver en avant où j'aime être. »

Avec les nouveaux règlements instaurés à l'automne 2010, les dépassements lui ont causé bien des soucis. C'est toute sa stratégie de course qu'il a dû revoir. Habitué à mener ses courses, Hamelin ne détenait plus l'immunité si un rival tentait un dépassement audacieux. Auparavant, seul le patineur qui dépassait héritait d'une disqualification.

À force d'étudier le règlement et de regarder de vidéos, le petit déclic tant attendu s'est produit l'an dernier.

« À partir de ce moment-là, j'ai été capable de bien ajuster mes stratégies et mes tracés. L'an passé, j'ai eu de moins bonnes courses, mais cette année, aux sélections et à la première Coupe du monde, ça a très bien été au niveau stratégique. Je pense que le nouveau règlement est dans la poche », soutient le vice-champion du monde du 500 m.

Une approche différente pour 2014

Ce problème réglé, Hamelin s'attarde maintenant sur de petits détails qui feront toute la différence en février 2014 à Sotchi. Stratégies, forme, bottines, lames, rien n'est laissé au hasard. C'est le temps d'apporter les derniers ajustements et de les tester cette saison afin de ne penser qu'aux résultats durant l'année olympique.

« Avec mon entraîneur, je finis d'améliorer mes stratégies de course pour être sûr d'arriver aux Jeux olympiques et d'être un patineur plus redoutable que je l'étais il y a 4 ans et il y a 8 ans, pour que je sois un patineur imprévisible quand je vais arriver sur la glace. »

De ses derniers Jeux olympiques, Hamelin veut en profiter, mais surtout y avoir du plaisir. À Vancouver, toute la pression mise sur les athlètes pour que le Canada termine en haut du classement des médailles a fait en sorte que le Québécois s'est amené en Colombie-Britannique avec le couteau entre les dents, avec pour seule mission de contribuer à la récolte de l'unifolié.

« C'est sûr que je vais vouloir monter sur le podium, mais si je n'ai pas les médailles ou les résultats désirés, je veux sortir de là avec le sourire. Je veux pouvoir me dire : ma carrière a bien été et j'ai fait ce que j'avais à faire, affirme celui qui veut fonder une famille avec sa copine et patineuse Marianne St-Gelais. C'est une approche différente, mais avec le même état d'esprit : avoir de bons résultats et monter sur le podium. »

Deux récompenses en Russie et Hamelin rejoindrait Marc Gagnon et François-Louis Tremblay, les patineurs sur courte piste les plus décorés aux JO avec cinq médailles.