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26/10/2012 12:13 EDT | Actualisé 26/12/2012 05:12 EST

Birmanie: les affrontements dans l'État de Rakhine ont fait 112 morts

KYAUKTAW, Myanmar - Les d'affrontements entre bouddhistes et musulmans en Birmanie ont fait 112 morts depuis le début de la semaine, a annoncé vendredi un porte-parole du gouvernement birman dans l'État de Rakhine, dans l'ouest du pays. Au moins 72 personnes ont été blessées, dont dix enfants.

«Depuis dimanche, au moins 25 hommes et 31 femmes sont morts dans quatre localités de l'État de Rakhine. Soixante hommes et quatre femmes ont été blessés», a déclaré le porte-parole de l'État, Win Myaing. «Près de 1900 habitations ont été brûlées dans le regain de violence entre l'ethnie rakhine bouddhiste et les musulmans rohingya», a-t-il ajouté.

«Alors que la communauté internationale suit de près la transition démocratique de la Birmanie, ce genre d'incidents pourrait nuire à l'image du pays», a déclaré le bureau du président du président Thein Sein, dans un communiqué publié par le quotidien officiel «Myanmar Ahlin». «L'armée, la police et les autorités, en coopération avec la population locale, vont tenter de rétablir le calme et la stabilité», ajoute le communiqué.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a jugé ces dernières violences «profondément troublantes», appelant les autorités birmanes à «prendre des mesures urgentes et efficaces pour contrôler tous les cas d'anarchie».

L'ONU a lancé un appel au calme et a demandé aux autorités birmanes de faire cesser immédiatement ces violences et de permettre l'accès aux organisations humanitaires.

«Les Nations unies sont très préoccupées par le regain de ce conflit intercommunautaire qui affecte plusieurs localités de l'État de Rakhine et qui s'est soldé par plusieurs morts et a forcé le déplacement de milliers de personnes dont des femmes et des enfants», a déclaré dans un communiqué le coordonnateur humanitaire de l'ONU en Birmanie, Ashok Nigam.

Cette crise représente un défi très important pour le gouvernement de Thein Sein et la chef de l'opposition Aung San Suu Kyi, qui a été critiquée récemment par d'autres pays pour ne pas avoir réussi à arrêter la répression des Rohingya.

Le gouvernement birman considère les Rohingyas comme des immigrés clandestins du Bangladesh et leur refuse la nationalité birmane. Bien que certains soient arrivés récemment, la plupart vivent en Birmanie depuis des générations. Selon les organisations de défense des droits de la personne, ils subissent de graves discriminations: travail forcé, violences contre les femmes, restrictions sur le déplacement, le mariage ou les naissances.