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26/10/2012 01:11 EDT | Actualisé 26/12/2012 05:12 EST

Baird accuse le rapporteur de l'ONU sur les Palestiniens d'être anti-israélien

GATINEAU, Qc - Le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, affirme que les plus récentes critiques formulées à l'endroit d'Israël par un enquêteur spécial des Nations unies s'inscrivent dans une tendance inquiétante.

Ces remarques de M. Baird illustrent deux des piliers les plus solides de la politique étrangère canadienne sous le gouvernement conservateur: la défense d'Israël et les critiques contre les Nations unies.

Le Canada s'est associé à Israël et aux États-Unis pour demander le départ de Richard Falk, rapporteur spécial de l'ONU sur les droits de la personne dans les Territoires palestiniens.

M. Falk a demandé un boycottage des entreprises qui font affaire avec les colonies israéliennes de Cisjordanie et de Jérusalem-Est tant qu'elles ne respecteront pas les normes internationales en matière de droits de la personne.

M. Baird affirme que le plus récent rapport de M. Falk fait partie d'une tendance au parti-pris contre Israël.

«Les commentaires de M. Falk sont insultants, nuisibles et scandaleux, ils doivent être condamnés», a dit M. Baird. «Il y a ici clairement une tendance que nous trouvons très inquiétante.»

M. Baird n'a pas fourni d'autres détails. Il avait précédemment demandé le départ de M. Falk dans un communiqué.

Le gouvernement conservateur ne se gêne pas pour dénoncer ce qu'il considère être un parti-pris des Nations unies contre Israël, un pays qu'il défend chaque fois qu'il en a l'occasion. Les détracteurs du gouvernement Harper lui reprochent l'inverse — une défense presque servile de tout ce que fait le gouvernement israélien.

Plus tôt cette semaine, M. Falk a déclaré que des entreprises israéliennes et d'autres entreprises établies aux États-Unis, en Europe et au Mexique contreviennent possiblement aux lois humanitaires internationales et aux droits de la personne. Il a mentionné les entreprises qui aident à construire ou à assurer la sécurité des colonies israéliennes illégales, tout comme celles qui exploitent les ressources palestiniennes.

M. Falk a demandé une enquête plus poussée et un boycottage de ces entreprises. Il a souligné que la construction des colonies israéliennes s'accélère pendant que le pays continue de faire fi de l'opposition de l'ONU et de la communauté internationale. Un représentant du gouvernement canadien a expliqué, sous le couvert de l'anonymat, que M. Baird se préoccupe principalement de l'appel au boycottage lancé par M. Falk.

M. Baird a ajouté que le Canada n'envisageait pas d'autres mesures qu'une dénonciation verbale.

Le ministre fédéral de l'Immigration, Jason Kenney, a reconnu vendredi ne pas avoir lu le rapport de M. Falk. Cela ne l'a pas empêché de défendre l'État hébreu et de lancer une charge à fond de train contre ses détracteurs.

«Nous croyons qu'il est possible de critiquer de manière légitime et valide les politiques du gouvernement israélien, mais de cibler spécifiquement le seul État juif du monde et de lui réserver un traitement injuste, c'est quelque chose que nous trouvons très inquiétant et on se demande ce qu'il y a derrière ça», a dit M. Kenney.

M. Kenney a notamment critiqué le Conseil des droits de l'homme des Nations unies, qui a selon lui «adopté des dizaines de résolutions» contre Israël mais «virtuellement aucune concernant des dictatures brutales comme celles d'Iran et de Syrie».

«Je crois qu'il y a un déséquilibre qui est très problématique et que le premier ministre et moi avons identifié comme n'étant pas un reflet des meilleures valeurs de dignité humaine», a ajouté le ministre Kenney. «Je crois que le peuple juif a droit à son territoire, mais ceux qui prétendent que seuls les Juifs n'ont pas droit à un territoire ont des choses à expliquer.»