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25/10/2012 11:27 EDT | Actualisé 25/12/2012 05:12 EST

PSA Peugeot-Citroën: la direction accepte de négocier mais garde le cap

PARIS - Le président du directoire de PSA Peugeot-Citroën Philippe Varin a confirmé le plan de restructuration du groupe automobile prévoyant 8000 suppressions de postes en France, tout en assurant qu'aucun salarié ne serait laissé «seul face à son problème d'emploi», jeudi soir à l'issue d'une réunion à Bercy.

La direction a accepté d'ouvrir avec les syndicats des négociations concernant le volet social du plan de restructuration, avait-on appris de sources syndicales.

Les syndicats CFTC, FO, SIA et CGC ont demandé l'ouverture de ces négociations pour mettre en place un accord cadre concernant les mesures d'accompagnement du Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), en premier lieu les conditions de reclassements internes et externes, ou encore les conditions de départ, lors d'un Comité central d'entreprise (CCE) qui se tenait jeudi matin au siège du groupe à Paris. La première réunion de négociation devrait avoir lieu début novembre.

«Pour nous, c'est une première victoire. On n'a pas gagné la guerre, mais c'est quelque chose d'important. La direction n'imposera pas ses conditions», a déclaré à Sipa le porte-parole du Syndicat indépendant de l'automobile (SIA), Tanja Sussest.

Par ailleurs, selon les syndicats, la direction a confirmé être en mesure de proposer 1000 postes sur le site d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) via une réindustrialisation, un chiffre déjà confirmé par le président du directoire de PSA Philippe Varin, mercredi.

Sur ces 1000 postes, 600 seront créés par l'entreprise ID et Logistics qui va s'installer sur le site, selon un syndicat. L'objectif de la direction, annoncé en septembre, est de sauver au total 1500 postes sur Aulnay-sous-Bois dans le cadre de la réindustrialisation du site.

Par ailleurs, la direction avait annoncé dès le 12 juillet dernier son intention de reclasser 1500 salariés vers son site de Poissy, et avait également confirmé fin septembre l'objectif de 400 reclassements pour les salariés de Rennes sur le bassin d'emploi.

Des négociations avec les syndicats vont s'ouvrir le 7 novembre sur les mesures d'accompagnement du plan social, et le gouvernement promet de veiller à un «dialogue social exemplaire», et exige toujours la «réindustrialisation» du site d'Aulnay-sous-Bois (Seine-St-Denis), qui doit cesser son activité, a martelé le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, lors d'un point presse à l'issue de cette rencontre d'une durée de deux heures.

La direction de PSA, les élus locaux d'Aulnay-sous-Bois et de Rennes, où 1400 suppressions de postes sont prévues, et les organisations syndicales étaient présentes autour de la table avec le ministre et ses collaborateurs.

«Montebourg nous a dit qu'il avait le même objectif que nous. Nous on attend maintenant du concret, et que le gouvernement se remobilise un peu plus», a déclaré aux journalistes Tanja Sussest, porte-parole du Syndicat indépendant de l'automobile (SIA).

De son côté, le porte-parole de la CGT de PSA-Aulnay Jean-Pierre Mercier a déclaré à l'issue de la rencontre que «chez Peugeot, c'est le rapport de force qui marche», appelant les salariés à se «mobiliser».

«Un plan proportionné au sérieux de la situation»

Pour sa part, M. Montebourg a rappelé que le gouvernement maintenait son «exigence de reformatage», du plan social, et notamment qu'il serait très attentif aux solutions de réindustrialisation des sites. Il a annoncé à ce sujet deux réunions tripartites État, direction, syndicats à Aulnay-sous-Bois et à Rennes les 8 et 9 novembre afin de «s'assurer de la concrétisation des actions de réindustrialisation».

Jeudi matin lors d'un comité central d'entreprise au siège de PSA à Paris, la direction du groupe a accepté de tenir des négociations avec les syndicats sur les mesures d'accompagnement du plan social, et en premier lieu les conditions de reclassement internes et externes.

La direction a, à cette occasion, confirmé qu'elle était en mesure de proposer 1000 postes sur le site d'Aulnay-sous-Bois via une réindustrialisation. La direction espère, à terme, pouvoir trouver une solution sur place pour 1500 salariés.

La direction a par ailleurs confirmé qu'elle comptait reclasser 1500 salariés vers son site de Poissy, et 400 reclassements pour les salariés de Rennes.

À l'issue de la rencontre à Bercy, Philippe Varin n'est pas toutefois revenu sur le principe même du plan de restructuration annoncé en juillet avec 8000 suppressions de postes. «Ce plan est proportionné au sérieux de la situation», a-t-il dit devant les journalistes.

Mais il a ajouté: «J'ai confirmé au nom du groupe qu'aucun des collaborateurs touchés ne sera laissé seul face à son problème d'emploi.»