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25/10/2012 04:07 EDT | Actualisé 24/12/2012 05:12 EST

Pas de crise à Laval, mais une «crise personnelle»

Le vice-président du comité exécutif de la Ville de Laval, Basile Angelopoulos, a tenu un deuxième point de presse en moins de 24 heures pour répéter que le numéro un de la municipalité prenait une période de repos.

Au lendemain du départ temporaire du maire Gilles Vaillancourt et d'une troisième série de perquisitions, M. Angelopoulos a maintenu que la Ville ne traversait pas de crise.

« Le comité exécutif - le conseil au complet - est solidaire dans cette période qui est quand même inusitée », a-t-il ajouté, précisant qu'il voulait laisser au maire « la période de quiétude » dont il avait besoin. « Nous sommes tous d'accord » avec cette décision, a-t-il déclaré.

M. Angelopoulos a en outre défendu l'intégrité du comité. « Le comité exécutif n'est pas corrompu », a-t-il assuré. Invité à plusieurs reprises à se prononcer sur l'honnêteté du maire, il s'est cependant montré peu bavard. « J'ai l'intention de respecter cette période de réflexion que le maire a demandée. Le maire va prendre une décision prochainement et ça me fera plaisir à ce moment-là de la commenter », a-t-il répondu.

Questionné sur l'existence de corruption et de collusion à Laval, il n'a pas nié que le phénomène pouvait exister. « Je ne suis pas à l'abri d'une tromperie. Je ne pense pas que personne peut dire qu'il est à l'abri de la tromperie », a-t-il soutenu. Ce que je peux vous dire, c'est que nous allons coopérer pleinement avec les enquêtes qui se déroulent actuellement et avec les autorités qui ont compétence en la matière. »

Refusant de commenter la série de perquisitions menées aux domiciles du maire Vaillancourt, dans des établissements financiers où il possède des intérêts et dans divers bureaux de l'administration municipale, il a assuré que la Ville allait « coopérer pleinement » avec les enquêteurs.

« Il y a actuellement [l'escouade] Marteau, il y a l'UPAC [Unité permanente anticorruption], il y a la commission Charbonneau qui ont plusieurs enquêteurs qui sont extrêmement qualifiés et dans lesquels nous avons pleine confiance. Ils vont faire leur travail et ils vont aboutir à des conclusions auxquelles ils vont aboutir », a-t-il dit.

Annonce du retrait du maire, prise deux

Expliquant que peu de médias avaient pu couvrir le point de presse de la veille, le numéro deux de l'administration Vaillancourt a repris le même message que celui qu'il avait livré. « Hier, après une longue discussion avec monsieur le maire, il a décidé de prendre un recul et un repos afin de réfléchir sur les événements des dernières semaines et de réfléchir aussi sur son avenir », a-t-il réitéré.

Il a voulu se montrer rassurant, insistant sur le fait que le comité exécutif continuait « d'assumer ses responsabilités et que les employés municipaux continuaient de donner les services aux citoyens.

« Hier, l'intérêt de tous les membres autour de la table, incluant M. le maire, était de s'assurer que la Ville procède de s'occuper de ses affaires dans la façon traditionnelle, et c'est ce que nous allons faire », a-t-il poursuivi, promettant une « saine administration ».

Contrairement à mercredi, alors que M. Angelopoulos était entouré de ses collègues du comité exécutif, il s'est cependant présenté seul devant les médias et a pris davantage de temps pour répondre aux questions.

M. Angelopoulos a dit ignorer de combien de temps le maire aurait besoin pour mener à bien sa réflexion et a répété que son éventuelle démission n'avait jamais été invoquée lors de la longue rencontre que M. Vaillancourt a tenue avec le comité exécutif.

L'opposition doute du retour du maire

Les partis d'opposition lavallois affirment qu'ils seraient surpris de voir le maire Vaillancourt réintégrer ses fonctions.

Le chef du Parti au service du citoyen, Robert Bordeleau, dit par ailleurs douter que M. Angelopoulos n'ait pas eu connaissance de corruption et croit qu'il se tait par solidarité.

« Qui ne dit mot consent. Il y en a beaucoup qui ont sûrement été témoins de certaines choses, de certaines pratiques et personne n'a jamais rien dénoncé », a-t-il soutenu en entrevue à Radio-Canada.

À Québec, plusieurs membres de la classe politique se sont réjouis du retrait temporaire du maire.