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25/10/2012 10:13 EDT | Actualisé 25/12/2012 05:12 EST

Obama poursuit son marathon électoral à Tampa, vote en avance à Chicago

Barack Obama concluait jeudi une tournée au pas de charge dans huit Etats en votant en avance à 12 jours de la présidentielle, son camp tentant d'associer son adversaire Mitt Romney à des propos controversés d'un candidat républicain sur le viol.

De son côté, l'ancien gouverneur du Massachusetts concentrait ses efforts sur l'Ohio (nord), l'Etat qu'il doit presque impérativement remporter s'il veut être élu 45e dirigeant de la première puissance mondiale le 6 novembre, alors que les sondages restent serrés.

"Je vais aller voter en avance à Chicago (...) Vous pouvez voter maintenant en Floride, et je suis venu en Floride pour vous demander de voter pour moi, pour vous demander de m'aider à continuer à faire aller les Etats-Unis de l'avant", a affirmé jeudi matin M. Obama face à 8.500 personnes à Tampa, d'une voix enrouée après trois réunions électorales la veille et une nuit quasi blanche passée à bord de l'avion Air Force One.

Comme mercredi dans les Etats-clé de l'Iowa, du Colorado et du Nevada, M. Obama a insisté sur la question de la "confiance" que les Américains doivent pouvoir accorder à leurs dirigeants, sous-entendant que M. Romney n'en est pas digne car il tente selon lui de cacher un programme ultra-conservateur sous des dehors modérés.

M. Obama conclura en soirée en Ohio son périple mené tambour battant. De Floride, il se rendra en Virginie puis dans son fief de Chicago où il sera le premier président à voter de façon anticipée.

Le dirigeant sortant veut comme M. Romney convaincre les centristes et indécis restants de lui confier les clés de la Maison Blanche pour les quatre ans à venir, et engranger le plus de votes possible avant le 6 novembre, comme une majorité d'Etats l'autorisent.

M. Obama a aussi réagi aux propos d'un candidat républicain au Sénat dans l'Indiana (centre), Richard Mourdock, qui avait affirmé mardi qu'une grossesse issue d'un viol était "une volonté de Dieu". Mercredi à Los Angeles, le président a dit ne pas comprendre "ces idées". Le viol est "un crime", a-t-il souligné.

L'avortement a été légalisé par la Cour suprême en 1973. M. Romney, contre les interruptions volontaires de grossesse sauf en cas de viol, d'inceste ou de danger pour la santé de la mère, souhaite que la Cour revienne sur son arrêt et a promis de nommer des juges anti-avortement.

Cette affaire, a affirmé M. Obama, montre "exactement pourquoi il ne faut pas qu'un tas de politiciens, des hommes pour la plupart, prennent des décisions sur la santé des femmes". En 2008, les électrices, 53% du corps électoral, avaient été 56% à choisir M. Obama.

Son comité de campagne est allé plus loin en demandant à M. Romney de retirer son soutien à M. Mourdock. Une porte-parole du républicain a expliqué que M. Romney n'était "pas d'accord sur la conduite à adopter dans les cas exceptionnels de viol ou d'inceste", mais a refusé de lâcher le candidat.

Jeudi matin, l'équipe Obama a accusé M. Romney de "donner une voix aux extrémistes", soulignant dans une vidéo que son colistier Paul Ryan avait encore récemment affirmé que "la méthode de conception ne change pas la définition de la vie".

Se disant persuadé que sa campagne a été mise en orbite par les trois débats qui l'ont opposé au président sortant, M. Romney a assuré mercredi dans l'Iowa qu'il "optimiste".

M. Romney dépasse de peu M. Obama dans les intentions de vote au plan national, mais les sondages dans les Etats décisifs montrent toujours pour la plupart une égalité ou un léger avantage au sortant, tout en restant dans la marge d'erreur.

La clé d'une victoire pour M. Romney pourrait résider dans l'Ohio, où il avait prévu jeudi trois interventions publiques lors d'une tournée en autocar, avec un premier arrêt dans la grande ville de Cincinnati. Le républicain, qui reproche son bilan économique à M. Obama, a choisi de s'exprimer dans des entreprises et près d'une usine de General Motors.

M. Obama, qui a reçu jeudi comme il y a quatre ans le soutien de l'ancien secrétaire d'Etat du républicain George W. Bush, Colin Powell, retournera lundi dans l'Ohio, la Floride et la Virginie avec son prédécesseur Bill Clinton, le seul démocrate à avoir passé deux mandats pleins à la Maison Blanche depuis la Seconde Guerre mondiale.

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