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25/10/2012 05:52 EDT | Actualisé 25/12/2012 05:12 EST

Les pèlerins sur le Mont Arafat, prient pour les pays du printemps arabe

Près de 2,5 millions de musulmans se sont rassemblés jeudi, sans incident, sur le Mont Arafat, temps fort du hajj, où des pèlerins des pays du Printemps arabe ont prié pour la liberté ou la stabilité.

Au coucher du soleil, les fidèles ont afflué vers la vallée de Mouzdalifa, à quelques kilomètres de là, pour ramasser des cailloux en prévision du rituel de lapidation de Satan dans la vallée de Mina, près de La Mecque, vendredi, au premier jour de l'Aïd Al-Adha, la fête du Sacrifice.

"O Dieu me voilà, répondant à Ton appel", répétaient en choeur les pèlerins réunis sur le Mont Arafat, une plaine aride située près de La Mecque, au deuxième jour du pèlerinage annuel, plus grand rassemblement humain au monde.

Dans un prêche, le grand mufti d'Arabie saoudite, cheikh Abdel Aziz Al-Cheikh, a mis en garde contre tout "slogan nationaliste ou extrémiste" durant le hajj. Il a appelé les musulmans à se conformer à la charia (loi islamique) et critiqué vivement les partisans d'un Etat civil.

Un groupe de Syriens a cependant brandi un énorme drapeau de la rébellion qui se poursuit depuis 19 mois contre le régime du président Bachar al-Assad.

"Dieu, provoque la fin de Bachar", implore tout haut Ahmad Al-Mohammad, un pèlerin syrien de 30 ans ignorant les appels au silence de sa mère: "Les troupes du régime tueront toute notre famille là-bas".

"Je suis venu prier pour la fin de Bachar et l'arrêt des tueries d'enfants", dit en écho Mosleh Ramdan, un autre Syrien, réfugié en Jordanie.

Le gouvernement syrien n'a pas envoyé de pèlerins cette année, mais les autorités saoudiennes ont délivré des visas aux Syriens réfugiés en Jordanie ou au Liban qui souhaitaient accomplir le pèlerinage.

Si les violences font rage en Syrie, les autres pays du Printemps arabe --Tunisie, Egypte, Libye ou Yémen-- où des régimes autoritaires ont été renversés, connaissent encore des troubles.

Ruqaya al-Faitouri, une Libyenne de 58 ans, affirme prier pour "la sécurité et la stabilité en Libye et dans tous les autres pays arabes et musulmans".

"La situation en Libye commence à revenir à la normale malgré quelques difficulté", affirme cette femme qui ne trouve pas les mots pour exprimer sa joie d'effectuer le pèlerinage.

Pour May, une Egyptienne de 34 ans vêtue d'une abaya beige, la liberté "est un sentiment nouveau". "Je prie pour la paix en Egypte et dans tous les pays musulmans", explique-t-elle.

De très nombreux pèlerins avaient passé la nuit de mercredi à jeudi à Arafat, dans des dizaines de milliers de tentes blanches, alors que d'autres sont arrivés à l'aube, marchant sur les pas du prophète Mahomet mais également d'Abraham, selon la tradition coranique.

"Nous venons de La Mecque. Nous avons fait à pied le trajet depuis la grande mosquée jusqu'à la vallée de Mina, puis nous avons pris le bus. Plus nous nous fatiguons, plus Dieu nous récompensera", affirme un Egyptien assis sur une natte avec des membres de sa famille.

Jalal, un Yéménite, prie, lui, pour "le rétablissement de la paix au Yémen".

Aucun incident majeur n'a été signalé jusqu'à présent dans les lieux saints où plus de 100.000 membres des forces de l'ordre étaient mobilisés pour le pèlerinage.

Le gouverneur de la Mecque, le prince Khaled Al-Fayçal, a déclaré que plus de 1,75 million de pèlerins "de 189 nationalités" étaient arrivés de l'étranger, mais n'a pas fourni de chiffres sur le nombre des pèlerins venus de l'intérieur du pays, estimés généralement à environ 700.000.

Le stationnement sur le Mont Arafat a été "un succès", a affirmé le ministre saoudien du Pèlerinage, Bandar Hajjar.

Le hajj est l'un des cinq piliers de l'islam que tout fidèle est censé accomplir au moins une fois dans sa vie s'il en a les moyens.

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